Mattéo, tome 1 – Gibrat (2008)

1914, Collioure. Mattéo est le fils d’un immigré espagnol anarchiste. Alors que la guerre occupe tous les esprits et que la mobilisation s’organise, Mattéo préfère courtiser la belle Juliette qui ne lui parle que de son ami Guillaume, fils de riche propriétaire, qui va s’enrôler dans l’aviation. Cette dernière le presse de s’engager, lui aussi, pour l’honneur du pays. Rongé de jalousie et , Mattéo décide de partir au front malgré les récriminations de sa mère et de Paulin, son ami artiste, blessé à la guerre.

Gibrat nous dresse, une fois de plus, un très beau portrait de ces hommes, que la guerre a rattrapé.
Il sait nous faire partager les interrogations amoureuses et la question de l’engagement qui travaille notre héros. Le récit est d’ailleurs raconté en voix-off par Mattéo lui même.
Non mobilisable par sa nationalité espagnole et vu comme un planqué, Mattéo doit choisir entre son désir de bataille et le respect de l’anti-militarisme de ses parents.
On le suivra alors dans les tranchées où il perdra ses dernières illusions.
Pourtant si la guerre est montrée, elle n’en est pas le sujet principal. A la conclusion de l’album, l’histoire semble d’ailleurs se diriger vers d’autres horizons.
Les dessins et les couleurs, tout en nuances sont, comme toujours, de toute beauté.

Bref, un album fort sur la perte de l’innocence d’un jeune homme, perdu dans les errements de son siècle.


Note : ****

Editions Futuropolis – 16€

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