Le roi blanc – György Dragoman (2009)

Dzsata, 11 ans, vit dans la Roumanie (qui n’est jamais nommée) des années 80, en compagnie de ses parents. Mais un jour, son père s’en va en compagnie de mystérieux inconnus sous prétexte de travail et promet à son fils de l’emmener voir la mer à son retour. En vérité, il a été arrêté et envoyé aux travaux forcés pour cause d’opposition au pouvoir mais cela, son fils ne le découvrira que plus tard. Dès lors, l’attente de Dzsata se fait longue.

Récit à la première personne,  nous allons découvrir son quotidien dans un pays sous la dictature communiste où la corruption fait rage, où les enfants sont forcés au travail pour le paiement de bonbons pris par obligation, où la guerre naît entre 2 clans d’enfant pour la possession d’un ballon de foot, où les entraineurs dirigent leur jeunes recrues à coup dans les tibias, où la menace nucléiare n’est pas loin… Bref un pays difficile pour un enfant qui cherche sa place.
Mais il y a aussi les premiers émois amoureux, les expéditions à la recherche d’une salle de projection secrète et coquine, les rencontres avec un grand-père silencieux.
Dzsata espère toujours le retour de son père que beaucoup croient mort et que lui-même cherche à faire revivre dans ses gestes du quotidien : très belle scène de cueillage illicite de fleurs pour sa mère comme avait coutume de faire son père. Père qui est toujours « le roi blanc » (pièce d’échec volée dans la maison d’un ambassadeur du parti) qui le protège de la violence du monde.

Les anecdoctes se succèdent et le roman dresse un portrait noir de cette enfance sous le signe de la violence mais éclairée malgré tout par quelques embellies.
La succession peut toutefois devenir un peu lassante et donner quelques signes d’ennui et de longueur.
Le roman reste pourtant poignant, sans pathos et écrit dans une langue enfantine qui correspond parfaitement au narrateur.

Inspiré par la vie de l’auteur lui-même, hongrois de Roumanie, « Le roi blanc » est un récit très réaliste dans la Roumanie de Ceausescu. A 15 ans, Dragoman a quitté la Roumanie avec sa famille pour s’installer à Budapest en 1988 et ce sont les dernières années précédant son départ, les pires du régime, que nous retrouvons ici.
Un auteur à découvrir !

Note : ***

Editions Gallimard – 23,50€

12 comments for “Le roi blanc – György Dragoman (2009)

  1. 19 septembre 2009 at 8 h 23 min

    En effet, un auteur que je ne connais pas. Merci pour cette découverte.

    • 19 septembre 2009 at 0 h 12 min

      mais de rien :)
      je m’étonne d’ailleurs de ne pas en avoir entendu parler un peu plus…

  2. 20 septembre 2009 at 0 h 58 min

    Je ne connaissais pas non plus. Je note !
    Bon dimanche
    Marie

    • 20 septembre 2009 at 1 h 17 min

      Merci bien ! A toi aussi Marie !

  3. 20 septembre 2009 at 1 h 30 min

    Je ne connaissais pas non plus. Merci pour cette découverte.

    • 20 septembre 2009 at 1 h 34 min

      ah ben décidemment ! C’est ce que je disais, on a pas assez parlé de ce livre !

  4. 20 septembre 2009 at 6 h 24 min

    Coucou !
    Je t’ai taguée…
    Si tu acceptes d’y répondre, tu trouveras le questionnaire à recopier sur mon blog.

    Marie

    • 20 septembre 2009 at 8 h 29 min

      lol bon ben je vais m’y mettre alors ! je l’avais repéré mais n’avais pas eu le courage de me pencher sur la question… Le choix de certains titres est qd mm un peu flippant… genre le 9…

  5. Ys
    20 septembre 2009 at 7 h 16 min

    De façon générale, je m’interroge tout à coup sur mes lectures hongroises… c’est pas brillant !

    • 20 septembre 2009 at 8 h 27 min

      ben je te rassure, moi non plus… après vérification, c’est possiblement la premiere… kertesz, szabo, …etc  font partie de mes grosses lacunes… j’ai honte (si si !)

  6. 21 septembre 2009 at 4 h 49 min

    Je veux du gai ! Pas pour moi, donc…

    • 21 septembre 2009 at 4 h 51 min

      oui c’est sûr, c’est assez noir comme enfance…

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