Loin de Chandigarh – Tarun Tejpal (2005)

La semaine dernière, partant pour un périple de 10h de train aller et retour,  j’ai pensé que c’était le moment idéal pour me plonger dans ces 700 pages que j’avalerais aussi sec le temps du voyage. Mais c’était sans compter les 2 fabuleuses familles flamandes qui ont su empêcher tout le monde de vaquer à ses occupations et se faire entendre dans tout le wagon. J’aime beaucoup nos amis belges mais je dois dire qu’ils ne sont pas toujours un exemple de discrétion et que j’étais pas loin du meurtre des 3 morpions qui venaient jouer à mes côtés en tapant du pied, en claquant les accoudoirs et en criant….
Quant la paix est revenue, suite à leur départ, j’ai cru pouvoir me lancer à coeur perdu dans cette lecture… Mais c’était sans compter le manque d’heure de sommeil et je dois dire mettre endormie comme une merde…
Je persiste tout de même dans ma lecture mais là aussi, c’était sans compter l’ennui…
Et oui, chers lecteurs, je dois dire que sa lecture m’a profondement ennuyée…  Il m’a fallu tout de même 300 pages pour rentrer un tant soit peu dans l’histoire qui ne m’a jamais emportée…

L’histoire, justement la voilà.
Le narrateur nous parle de sa relation passionnée avec Fizz où le sexe est « le ciment le plus fort entre deux êtres ». Leur désir et leur sensualité sont à fleur de peau, leurs corps se cherchent constamment. Jusqu’au jour où le narrateur n’eprouve plus aucun désir pour Fizz. Son envie s’est tarie.
C’est à ce moment que le roman commence et le narrateur va alors remonter le fil de son amour pour Fizz, leurs jeunes années, leur passion dévorante, leurs lectures, …etc.
Ce flot de souvenirs est constamment entrecoupé de digressions sur l’Inde, son histoire, sa culmture,ses dieux.
Ce n’est qu’à la moitié du roman que nous découvrons la raison de la perte du désir pour Fizz : des carnets intimes de la précédente propriétaire de la maison racontant la vie amoureuse et sexuelle de cette dernière qui troublent fortement les pensées et les rêves du narrateur.
Le roman se concentre alors sur la vie de Catherine, cette femme blanche, partie vivre en Inde. Le récit se fait alors moins décousu et les digressions plus rares. On découvre ses amours torrides, son apprentissage érotique et la fascination qu’elle a pour l’Inde.
Retour au temps présent et à l’amour du narrateur pour Fizz et le roman se conclut par une phrase renvoyant à la première : « le sexe n’est pas le ciment n’est pas le ciment entre deux êtres : c’est l’amour ».

Comme je le disais donc, j’ai été plutôt déçue… 700 pages pour découvrir que c’est l’amour et non le sexe qui cimente un couple…  Le battage médiatique, les nombreuses chroniques enthousiastes ont peut-être fait que j’en attendais plus ou autre chose… ou bien la faute à mon début chaotique dans le train :)

Le rythme est très lent et les nombreuses digressions m’ont perdues… Il faut être très attentif pour ne pas perdre le fil du récit. L’histoire d’amour entre le narrateur et Fizz ne m’a pas du tout emportée et j’ai presque trouvé le personnage principal un peu « minable »…
La sensualité présente tout au lond du roman est toutefois assez agréable. Les scènes érotiques ne sont absolumment pas vulgaires et sont parfaitement rendues. La liberté de ton est forte et correspond bien à cette Inde millénaire où on peut trouver des bas-reliefs érotiques, des lingas en pleine rue tout en étant d’une grande pudeur.
La 2ème partie du roman sur la vie de Catherine m’a effectivement parue plus intéressante et semblé plus construite.
Connaissant un petit peu la culture indienne, je n’ai pourtant pas trop retrouvé ici ce qui en faisait le sel. Le lecteur peut même parfois passer à côté de certaines références implicites à des éléments de l’histoire indienne, pas forcément connu de tous…
Tout de même, le thème de l’écriture abordé à travers le personnage du narrateur, écrivain raté, pose des questions pertinentes sur la difficulté de création.

Bref, lecture très très mitigée…
J’ai trouvé ce roman beaucoup trop fouilli pour moi et les belles descriptions érotiques n’ont pas su me réveiller de l’ennui sous-jacent que cette lecture a éveillé en moi. Dommage !
Je suis passée complètement à côté et j’en suis d’autant plus déçue. A relire surement plus tard.
Je persisterais tout de même avec cet auteur et tenterais la lecture de son « histoire de mes assassins » à l’occasion.

D’autres avis plus enthousiastes : Ys, Fashion, Kathel,…

Note : **

Editions Buchet-Chastel – 25€
Editions Livre de Poche – 8,50€

14 comments for “Loin de Chandigarh – Tarun Tejpal (2005)

  1. 26 septembre 2009 at 4 h 48 min

    Bof… encore un livre qui n’alourdira pas ma PAL… elle te dit merci !  

    • 26 septembre 2009 at 5 h 10 min

      Je ne sais pas si tu fais bien car les avis des blogueurs ont quand même été très enthousiastes ! C’est juste qu’on a raté notre rencontre ! Essaie de lire d’autres avis avt de l’enterrer !

  2. Ys
    26 septembre 2009 at 7 h 20 min

    Ben mince, moi il m’a bien plu ce livre et si ce n’est pas l’Inde telle qu’elle est, j’y ai cru et j’ai voyagé. J’ai trouvé cette histoire d’amour très bien racontée, les scènes de sexe sont nombreuses mais décrites avec tendresse et attention, on sent l’amour que le narrateur porte à cette femme et puis son incroyable fascination pour la femme d’hier qui vient tout gâcher. J’ai trouvé malgré tout le parcours psychologique du narrateur et de Catherine très probable.

    • 26 septembre 2009 at 8 h 49 min

      oui j’ai vu ça Ys mais ça ne veut pas dire qu’il raconte n’importe quoi sur l’Inde ! Juste qu’il manquait le petit truc qui m’aurait transporté la-bas…
      Je suis néanmoins d’accord avec toi sur la qualité des scènes érotiques :) et sur le réalisme de la vie de Catherine. Mais l’histoire d’amour ne m’a pas du tout touchée…
      A mon avis, les mauvaises conditions dans lesquelles j’ai commençé le roman ont dû gacher un peu ma rencontre avec lui… et j’en suis la première désolée

  3. 26 septembre 2009 at 7 h 28 min

    j’avais en effet lu des avis enthousiaste.
    Ah les mômes dans le train, ce peut être un vrai bonheur… Les portables c’était pas mal non plus, mais je trouve que ça s’est bien calmé…

    • 26 septembre 2009 at 8 h 50 min

      ah j’ai échappé au moins au portable ! Mais bon je crois que c’est moins pire : ça dure moins longtemps

  4. 26 septembre 2009 at 9 h 09 min

    enthousiastes avec un s bien sûr.
    Oh les portables j’ai connu une conversation de plus de 30 minutes. c’est long.

    • 26 septembre 2009 at 9 h 21 min

      30 min, je crois que je serais allée voir le mec…

  5. 27 septembre 2009 at 8 h 29 min

    L’inconnue de l’autre côté du couloir et moi même nous regardions avec un sourire complice, cela a aidé à tenir.
    C’était une femme juste derrière qui racontait sa vie…
    Oh le truc serait de mener une pseudo conversation téléphonique commençant par « je suis dans le train, rappelle moi, là j’écoute quelqu’un qui raconte sa vie au téléphone, je te raconterai, bisous , au revoir », peut être que ça aurait calmé le jeu, mais je ne l’ai pas fait…

    • 27 septembre 2009 at 1 h 11 min

      moi aussi mon voisin d’en face me lançait des regards complice, genre ils nous saoulent ceux-la lol !
      Bonne idée le faux coup de fil loooooool ! j’adore !
      bon c ptet pas dit que l’autre s’en rende compte mais bon…

  6. 4 décembre 2009 at 8 h 25 min

    Bilan très mitigé pour moi aussi. J’en suis venue à bout en le lisant en diagonale (j’en avais marre qu’on n’arrive toujours pas à ces fameux carnets), du coup j’en ai un souvenir embrouillé, avec de très beaux passages (sur la montagne, notamment), mais l’aspect érotique m’a aussi lassée, à force.

    • 5 décembre 2009 at 0 h 56 min

      Décidemment, je constate que nos gouts se rejoignent pas mal ! J’acquiesce à tout ce que tu dis ! A roman embrouillé, souvenir embrouillé !

  7. 24 octobre 2010 at 2 h 44 min

    Bonjour !

    Tu es la première personne que je lis qui a fait une critique négative sur ce livre. Et ça fait du bien ! J’ai ce bouquin dans ma PAL depuis pas mal de temps, mais j’hésitais à le lire car quand je n’entend aucune critique négative sur une oeuvre, je me pose des questions.Tu viens de régler le problème et paradoxalement tu m’as donné envie de le lire. Merci !

    • 24 octobre 2010 at 3 h 35 min

      Voilà qui n’est pas banal : donner envie par une critique négative !

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