La mémoire dans les poches, tome 1 et 2 – Brunschwig / Le Roux (2006 et 2009)

 
   
  Je profite de ma lecture du tome 2 pour vous parler du tome 1 et de cette série, bien sous tous rapport !

Un petit avis express !


Tome 1 :

Un papy entre dans un café avec un nourrisson dans les bras. Les clients commencent à le soupçonner d’enlèvement. La mémoire défaillante, Mr Letignal va alors conter l’histoire de sa naissance à l’aide des petits papiers pense-bêtes qui traînent dans ses poches.

Sidoine Letignal, sa femme Rosalie et leur fils Laurent vivent dans un quartier défavorisé. Nous découvrons que cette famille soudée est très humaine et modeste. Et c’est paré de cette génorosité qu’ils aident comme ils le peuvent les personnes en difficultés qui croisent leurs route. Pourtant un évènement va grippé cette belle machine familiale : l’arrivée d’une jeune maghrébine en situation irrégulière qui, bien malgré elle, va faire éclater la cellule familiale…

 

 

 

Tome 2 :

Sidoine a disparu avec un nourisson en abandonnant sa famille et Laurent reste seul à assumer la famille. Sa mère, dépressive, ne comprend pas le geste de son mari. Elle l’accable de tous les torts et ne veux plus entendre parler de lui. Laurent, lui, s’interroge. Pourquoi son père est-il parti ? Où est-il ? Devenu un auteur à succès de polars, il profite d’une émission littéraire pour lancer un appel à témoins qui le conduira en Algérie sur les traces de son père. Et c’est avec stupéfaction qu’il découvrira que la facade parfaite de sa famille cache bien des failles…

 


 

Alors que le premier volume mettait l’accent sur le couple des Letignal, leur vie familiale et leur générosité, le deuxième tome adopte le point de vue du fils, ses questionnements et sa recherche de la vérité qui l’amènera à revoir une bonne partie de son passé. Son départ pour l’Algérie sera synonyme de recherche de soi et d’acceptation d’une vérité pas aussi flatteuse qu’elle paraissait. Il découvrira les mensonges sur lesquelles son histoire familiale se fonde mais aussi un visage différent d’un père dont il ne connait pas le passé…


Une belle chronique sociale et familiale de gens simples qui se retrouvent confrontés à l’éclatement quand les masques tombent.

De plus, on pourrait aussi presque y voir une critique et un état des lieux de la politique d’immigration et de la vie dans les banlieues.

Les émotions sont justes, le portrait psychologique des personnages bien travaillés. Le dessin est fait de finesse et de subtilité, cadrant ainsi parfaitement avec son sujet.


Mais je crois que l’auteur parle beaucoup mieux que moi de son oeuvre !

« J’avais envie de traiter le thème de la famille, comme dans Makabi, mais cette fois-ci je voulais mettre à l’écart toutes intrigues policières ou autres, je voulais que mon sujet soit le cœur même du récit. Je suis parti de choses qui m’étaient proches, de personnes connues, d’événements auxquels j’ai moi-même été confrontés. Je n’ai pas fait un récit autobiographique car j’ai préféré pousser le caractère de mes personnages et les situations jusqu’au bout de leur logique. Les parents Letignal sont des gens apparemment ouverts et généreux. Le père est une figure du quartier des Tommettes, la mère presque une légende, puisqu’elle a contribué à élever plusieurs dizaines de ces gamins livrés à eux-mêmes qu’elle récupérait à la sortie de l’école. Laurent, leur fils unique, jeune romancier, aujourd’hui âgé de 23 ans, admire ses parents, en qui il voit des êtres « magnifiques ». Souhaitant se montrer digne d’eux, il accepte de donner des cours d’alphabétisation au centre socioculturel du quartier. Il y découvre la douleur extrême de gens déracinés ou cruellement blessés par la vie… Mais alors qu’il veut agir en leur faveur, il se rend compte de son impuissance due à l’étroitesse de sa vie, trop longtemps assujettie à celle de ses parents.
La Mémoire dans les poches raconte la destruction d’une famille dont les liens se sont construits sur le mensonge, les omissions et un rapport idéalisé entre trois êtres qui croient parfaitement se connaître, mais qui, en fait, ignorent tout les uns des autres. « 

Une BD très humaine dont on attend le troisieme et dernier tome avec impatience !

 

 

Note : ****


 

Editions Futuropolis – 15,90 et 16€


14 comments for “La mémoire dans les poches, tome 1 et 2 – Brunschwig / Le Roux (2006 et 2009)

  1. 4 décembre 2009 at 3 h 21 min

    Ce récit me tente beaucoup ! L’histoire bien sûr, mais aussi tous les thèmes sociaux qui sont évoqués… Je vais finir par me remettre aux BD tout compte fait ! 

    • 5 décembre 2009 at 0 h 38 min

      C’est une bonne idée ! C’est beaucoup plus riche qu’on ne se l’imagine. En plus, ça va plus vite à lire… c’est pratique pour faire des billets quand les romans se trainent…

  2. 4 décembre 2009 at 7 h 10 min

    Encore une série qui fait partie de ma liste à lire…
    Que de tentations!!!

    • 5 décembre 2009 at 0 h 43 min

      C’est fait pour ! En tout cas, ces albums sont vraiment de qualité et tu ne te tromperas pas en les lisant.

  3. Ys
    4 décembre 2009 at 2 h 55 min

    C’est pas bientôt fini de me donner tout le temps des envies de BD !!! Et en plus je l’ai à la bib celle-là !

    • 5 décembre 2009 at 0 h 59 min

      Ah ben c’est un peu le but non ?! Et puis pour une fois que c’est pas l’inverse ! Vu comment tu pourris ma LAL, c’est un juste retour des choses !
      ça me fait plaisir en tout cas car il n’y a pas tant de lecteurs bd que ça sur la blogospère.

  4. 5 décembre 2009 at 4 h 11 min

    Bon, j’avoue que pour une fois cette bd me tenterait bien! Y a plus qu’à attendre d’avir des sous^^

    Au fait , je t’ai taguée

    • 5 décembre 2009 at 8 h 39 min

      Ah ouais ? De toute, c’est pas celle qui tape le plus dans l’oeil pourtant ! MIRACLE en tout cas !
      Des sous, des sous… ya pas de bibliothèques bien fournies dans ce pays bédéphile ?!

      Pour le tag, le contraire m’aurait étonné…! Il est original en tout cas ! Pas évident quand on est pas Pierre Richard de trouver des idées… Je vais chercher…

  5. 5 décembre 2009 at 9 h 51 min

    C’est moi que tu qualifies de Pierre Richard?

    • 5 décembre 2009 at 0 h 01 min


      Je dois dire que je cherche, je cherche… mais je ne trouve rien chez moi à la hauteur de tes vérités abracadabrantesques !

  6. 26 février 2010 at 3 h 33 min

    Moi j’ai été déçu par le changement sur les couleurs entre le tome 1 et le tome 2.

    • 27 février 2010 at 1 h 47 min

      Oups, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte… Il faut dire que mes lectures ont plusieurs années d’intervalle entre les 2 tomes…. Ceci explique surement cela.

  7. 28 août 2010 at 1 h 00 min

    Etienne le Roux va vraiment très bien à l’écriture de Brunschwig. Presque aussi bien que Laurent Hirn, que je trouve idéal en association avec le scénariste.

    J’ai vraiment aimé ces deux premiers tomes, et je serai du troisième. J’attends beaucoup des révélations sur l’enfance de Sidoine, que je soupçonne quelque peu servie en personnages peu recommandables. ^^

    • 30 août 2010 at 2 h 40 min

      Oui très bon duo ! Celui avec Hirn ne m’avait pas spécialement marqué…

      La direction du tome 2 m’a un peu décontenancé je dois dire. Je l’ai lu mais je n’ai pas eu le courage d’en faire un billet (bouh c’est mal !). J’ai été beaucoup moins emporté par l’histoire même si on y trouve un lot de révélations. Je crois qu’il faudrait que je les relise en fait ! Quand le tome 3 sortira…

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