La ligne de fuite – Dabitch / Flao (09-2007)

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1888, Paris.
Le poète Rimbaud a cessé d’écrire et est parti dans les contrées lointaines de l’Arabie.
Devenu une icône, il symbolise la modernité subversive que reprend à son compte le journal « Le Décadent » , tenu par Baju. Ce dernier n’hésite pas à faire paraitre de faux inédits du poète pour aider sa cause contre le clan des Verlaine. C’est Adrien, un jeune poète prometteur qui admire Rimbaud, qui les rédige. Malheureusement la supercherie est mise à jour et la réputation d’Adrien, trainé dans la boue.
Honteux et souhaitant laver son déshonneur, il décide sur un coup de tête de partir sur les traces d’Arthur.
Son périple le conduit à Charleville-Mézières, Marseille puis à Harar. Ses différentes rencontres le rapprochera de son mentor et le conduira lui-même sur sa propre voie.

Cet album est tout d’abord une plongée dans l’univers poétique de Rimbaud. On suivra son parcours de Charleville à Harar, on rencontrera les artistes qui ont croisés son chemin, ses partenaires commerciaux en abyssinie, sa soeur et sa mère éplorées. A travers les villes et les gens qui l’ont vu passer se dessine un portrait du poète. La narration est rythmée par de nombreux extraits de ses poèmes, de lettres envoyées à sa famille et la plongée dans son univers se fait ainsi encore plus forte.
En suivant Adrien sur les traces du poète, on découvrira aussi le portrait d’un poète en devenir, ses interrogations artistiques, ses doutes, l’influence de ses prédécesseurs et la recherche de sens. Qui est-il vraiment ?
Adrien se cherche en cherchant Arthur. Il se fuit aussi, boit (de l’absinthe  ) et finit par avoir des allucinations. Son imagination s’échappe et il voit Baju, Verlaine, Du Plessis en train de le harceler.
Son voyage est un véritable parcours initiatique qui le verra enfin découvrir le but de son existence.
La fin est assez abrupte et déconcertera mais prend, malgré tout, tout son sens.

Le dessin à l’aquarelle laisse toute la place aux jolis crayonnés. Le récit, basé sur des faits historiques, se permet pourtant certaines libertés. On trouvera une postface qui complète de façon très intéressante le contexte de l’époque, la disparition de Rimbaud, les parutions du Décadent et l’action de son directeur.

Un bel album qui rend hommage à la Poésie et à l’oeuvre de Rimbaud. Les amateurs du genre et d’ARthur apprécieront !

Note : ****

Editions Futuropolis – 19€

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10 comments for “La ligne de fuite – Dabitch / Flao (09-2007)

  1. 11 janvier 2010 at 3 h 17 min

    ça à l’air sympa, en plus chez futuropolis!

    • 11 janvier 2010 at 3 h 42 min

      Comme d’habitude, des albums de qualité en effet !

  2. 11 janvier 2010 at 9 h 43 min

    Tu fais vraiment preuve de bons choix en BD…
    J’avais repéré celle-ci à sa couv’… Mais ma bibliothèque ne l’a pas… En attente, donc. :)

    • 11 janvier 2010 at 1 h 10 min

      Merci Marie !
      Il ne date pas de cette année en plus alors j’ai bien peur que si ta biblio ne l’ai pas encore, ça soit mal parti… Mais bon qui sait !

  3. 12 janvier 2010 at 2 h 14 min

    Ca a l’air super… même si les dessins ne me tentent toujours pas (et oui, je sais, c’est le retour de la grincheuse jamais contente )

    • 12 janvier 2010 at 6 h 47 min

      Mais non, je rale pas ! L’image c’est qd mm le premier médiateur de la bd. Mais c’est vrai que des fois, on peut pêtre agréablement surpris par le scénario.

  4. 26 février 2010 at 3 h 23 min

    Benjamin Flao est quelqu’un de très sympathique. Ces carnets de voyage sont magnifiques. Et ces deux dernières bd « Mauvais garçons » 1 et 2 sont magnifiques, il y est question du flamenco (à lire juste avant ou juste après « Rébétiko »).

    • 27 février 2010 at 1 h 44 min

      Je ne connnais pas ses autres titres mais c’est vrai que j’avais noté mauvais garçons… toi aussi tu me fait une piqure de rappel ! Quant à Rébétiko, pas mal mais je n’ai pas été emporté comme toi.

  5. 1 mars 2010 at 0 h 42 min

    C’est peut-être parce que j’ai fait parti d’un bagad (musique traditionnelle) et que l’on partait en piste nous aussi (souvenirs souvenirs) !

    • 1 mars 2010 at 9 h 47 min

      Olala sacré expérience ! Je comprends mieux ton engouement !

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