Toute la poussière du chemin – Martin / Antunès

TouteLaPoussiereDuChemin-1États-Unis. Tom est un vagabond, un hobo qui se déplace clandestinement à bord des trains. Comme de nombreux autres avec lui, il a tout perdu avec la crise de 1929 : sa maison et sa femme qui n’a pas supporté leur ruine. Désormais, il vit de petits boulots ici et là, selon le travail qu’il trouve au cours de son chemin. Mais Tom est un homme bon et il n’hésite pas à proposer son aide, quitte à devoir chercher dans toute le pays un jeune garçon en fugue, croisé précédemment sur sa route !

Toute la poussière du chemin est une histoire assez dure qui nous plonge dans la tourmente du krach financier qui a jeté à la rue bon nombre de familles. Les vagabonds prolifèrent, la police les poursuit sans état d’âme, les enferme sous le moindre prétexte ou les tue comme des cafards, les enfants orphelins mendient et se cherchent une nouvelle famille, les pères de famille sont réduits à voler pour nourrir leurs enfants, les veuves sont violées,… Bref la vie est dure, très dure. Là dessus, vous pouvez rajouter un racisme plus qu’apparent : les noirs sont pendus, on les accuse pour la moindre raison (un retard, …) et on les utilise pour mieux camoufler les travers des blancs.
Au milieu de tout ça, Tom suit son chemin. Il a, lui aussi, sa croix à porter et il cherche inconsciemment le pardon. A travers sa quête d’un jeune fugueur, c’est sa propre route qu’il cherche. Et c’est avec joie qu’on verra ce personnage attachant trouver la lumière et un sens à sa vie.

Le dessin aux traits épais, les couleurs légères, permettent à cet album de ne pas tomber dans une noirceur absolue.

Ce road-movie poussiéreux, qui m’a rappelé l’ambiance de des souris et des hommes, entraîne le lecteur dans une société américaine faite de haine, d’injustice et de misère humaine et sociale que seule l’humanité de Tom sauve du marasme. Il n’y a qu’un pas à faire (que je franchis allègrement) pour penser que seul la bonté et l’amour sauveront le monde…  (oui je sais, vu comme ça, ça a un coté bisnounours :) )

 


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Auteur : Wander Antunès
Dessinateur : Jaime Martin
Editeur : Dupuis, Aire Libre
Date de parution : Mars 2010
80 pages
Prix : 15,50 Euros

 

 

 

13 comments for “Toute la poussière du chemin – Martin / Antunès

  1. 13 avril 2010 at 3 h 29 min

    je ne sais pas si c’est l’ambiance graphique ou ta référence à Steinbeck… mais je prends les références de cet album. Merci ^^

    • 15 avril 2010 at 3 h 46 min

      C’est le côté Amérique désenchantée et travailleur pauvre qui m’a marqué. Bon après, je sais pas trop, ça m’y a fait penser mais bon voilà… débrouille toi avec ça !

  2. 14 avril 2010 at 2 h 06 min

    Je l’ai déjà noté car j’avais beaucoup aimé « Les rois vagabonds », un autre album sur le même sujet !

    • 15 avril 2010 at 3 h 58 min

      Ah, je ne le connais pas celui-là ! Je vais voir ce que c’est…

  3. 17 avril 2010 at 7 h 19 min

    Bonjour, j’aime le style de dessin. Concernant l’histoire, oui, la crise de 29 ne fut pas un jardin de roses. C’était chacun pour soi. La vie aux Etats-Unis est toujours très dure et le racisme n’a pas complètement disparu. Bon dimanche.

    • 18 avril 2010 at 7 h 39 min

      Oui la résonnance avec notre époque est intéressante !

  4. 17 avril 2010 at 2 h 50 min

    S’il t’as rappelé « Des souris et des hommes » je ne peux que m’y intéresser de plus près. Mais c’est vrai que j’ai un train de retard en ce qui concerne les BD, il va falloir y remédier ;)

    • 18 avril 2010 at 7 h 45 min

      Je pense même qu’il se rapproche plus des raisins de la colère mais comme je ne l’ai pas lu celui là…

      Une lacune à remédier, c’est indispensable !

  5. 17 avril 2010 at 3 h 09 min

    Je ne suis toujours pas parvenue à me remettre à la BD…

     

    • 18 avril 2010 at 7 h 50 min

      Bon comme tu notes le beau Ru, je ne t’en voudrais pas une fois de plus

  6. 19 décembre 2010 at 1 h 53 min

    Cette Bd est sombre, triste et elle souligne tout le mal que peut faire les hommes…

    Mais bon finalement elle est intéressante du point de vue de l’histoire de l’Amérique !!

    • 21 décembre 2010 at 2 h 56 min

      Oui c’est sûr qu’elle n’est pas super gaie ! Mais il y a tout de même une belle note d’espoir. On sent que l’auteur croit encore en l’Homme.

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