Le bateau-usine – KOBAYASHI Takiji

 

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Auteur : KOBAYASHI Takiji

 Editeur : Yago

Date de parution : Octobre 2009
Prix : 18 Euros

 ISBN : 9782916209647

  138 pages

 

 

Note : 4 / 5

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes au Japon, dans les années 20. Un bateau-usine est affrété au beau milieu du pacifique, près de la frontière russe, pour pêcher le maximum de crabes possible. Ces navires gigantesques étaient de véritables usines flottantes et on y trouve à bord des marins, des pêcheurs et même des ouvriers pour mettre en boite les fameux crabes.

 

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Nous allons suivre ici le quotidien de l’équipage du Hakkô-maru. Un quotidien qui est loin d’être rose….

Les conditions de travail et de vie sont catastrophiques. Les hommes sont soumis à des cadences inhumaines. Le sommeil passe après le profit et on les oblige à écourter ou sauter leur nuit si le crabe se présente. L’hygiène est déplorable et les hommes blessés ou malades sont forcés de travailler ou se meurent à petit feu sans aucun soin.


Les chefs sont écoeurants d’égoisme et de méchanceté, s’offrant ce quils refusent à leurs hommes. Ils n’hésitent pas à donner de mauvais traitement en cas de contestation et vont jusqu’à ignorer un autre navire en détresse ( qui coulera avec ses 500 hommes…) pour ne pas faire baisser leur quota de pêche.

Les bateaux-usines sont d’ailleurs des épaves ambulantes : de vieux batiments russes gagnés à la guerre vaguement repeints feront l’affaire…

Bref la révolte gronde chez ces hommes qui n’en peuvent plus d’être considérés comme du bétail etqui sont à deux doigts d’y laisser leur vie.

Nous assisterons à la prise de conscience collective des travailleurs qui apprendront à s’unir pour lutter contre l’exploitation et le capitalisme.

 

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Le bateau-usine est un texte majeur de la littérature dite prolétarienne.

Ecrite en 1929, ce texte est frappant de réalisme. L’auteur s’est appuyé sur de véritables faits pour construire son roman. Le capitalisme et le développement industriel sont en plein essor mais au détriment des populations ouvrières et paysannes dont les conditions de vie s’aggravent.

 

 

Dans ce texte (et ses précédents écrits), Kobayashi veut dénoncer ce capitalisme à outrance qui conduit à la déshumanisation des travailleurs. Un engagement qui lui valut de connaitre plusieurs fois la prison. Vivant dans la clandestinité, il est une nouvelle fois arrêté et passe un an enfermé. Il meurt alors brusquement, officiellement d’un arrêt cardiaque…. officieusement de tortures…. Il avait 29 ans.

 

Ce roman met donc en avant la prise de conscience des travailleurs qui apprendront que l’union fait la force, dans le processus de contestation et de grèves. Un parfait exemple pour les membres de la classe ouvrière qu’il enjoint à faire de même

 

Vous trouverez à la fin de l’ouvrage plusieurs postfaces très intéressantes sur la biographie de l’auteur, le contexte historique et politique ainsi que sur la redécouverte récente (2008) de ce texte majeur.

 

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Sinon vous pouvez trouver ici  de très bons dossiers en PDF.

 

A noter : ce roman a bénéficié de 2 adaptations cinématographiques (1959 et 2009…si quelqu’un sait me trouver… ) et même d’une série manga !


 

 

Un roman passionnant pour qui s’intéresse au Japon, à l’histoire ou à toute forme d’engagement politique !

 

 

 

  L’avis de Michel

 

 

 

bateau usine 2(Photos tirés du film de 1959 : Kanikosen)

 


28 comments for “Le bateau-usine – KOBAYASHI Takiji

  1. 22 avril 2010 at 9 h 31 min

    Je ne doute pas de son intérêt documentaire et historique mais heu…comment dire…je passe ^^

    • 26 avril 2010 at 0 h 28 min

      C’est étonnant, je me demande bien pourquoi…. et après tu t’étonnes que je ne viens pas te voir…

  2. 23 avril 2010 at 6 h 59 min

    Je suis comme Cynthia, je suis sûre qu’il est bon, mais je n’ai pas envie de çà du tout en ce moment  La Sncf ayant l’air de se calmer, je te souhaite un très bon break.

    • 26 avril 2010 at 0 h 33 min

      Ahhhh quel dommage ! Cynthia, elle, es plus que réfractaire aux asiatiques… mais je sais que TOI, tu sauras le lire !

      Mer à toi en tout cas ! Mon week-end a été extra et je compte renouveler tout ça très rapidemment !

  3. 23 avril 2010 at 7 h 39 min

    Ce livre me paraît super intéressant ! Par contre je suis un peu septique sur l’étendue de cette pensée sociale dans ce pays. Les Japonais me semblent être en général de braves petits soldats acceptant des cadences de travail et des horaires infernaux…

    Indiscrétion par rapport au commentaire d’Aifelle ci-dessus : tu as des vacances en vue ? 

     

    • 26 avril 2010 at 0 h 40 min

      Non Marie, pas de vacances mais j’ai eu, le week-end dernier, 4 jours de congés qui m’ont permis de remonter dans le Nord ! Enfin, au bout de 6 mois !!

      Quant à ta remarque, je suis plutôt d’accord pour la période contemporaine. Par contre, depuis peu, avec les crises économiques, le plein emploi qui avait court au Japon n’existe plus. Beaucoup d’employés se retrouvent au chomage, le cachent à leur famille, se suicident, etc… et ceci amène un changement de mentalité.

      Dans le bateau usine, par contre, on remonte aux années 20. Et, comme tu as pu le voir les ouvriers étaient très mal lotis…  Les conditions de l’époque étaient très différentes. La postface explique très bien l’impact de ces mouvements de contestation de l’époque. Après, c’est sur que le Japon n’a pas connu de révolution « rouge » !

  4. 23 avril 2010 at 1 h 02 min

    Comme Marie je suis étonnée par ce livre et cette lutte que l’on attend pas de la part de japonais bien obeissants,et je suis intriguée,  je souhaite juste savoir : tu dis que l’auteur s’est appuyé sur la réalité mais est ce un roman ou un document ? merci par avance de ta réponse

    • 26 avril 2010 at 0 h 44 min

      C’est bien un roman Dominique ! En fait, on apprend à la fin dans les postfaces que des faits similaires ont vraiment eu lieu et que l’auteur s’en est inspiré pour ce texte. Il ne reprend pas des personnes réels mais recrée les évènements à sa manière. En fait, ce texte était apparemment une sorte de plaidoyer pour la contestation et l’auteur a voulu présenter des personnages proches du peuple afin qu’il puisse s’identifier facilement et forcément apporter plus de crédit à leur lutte.

  5. 23 avril 2010 at 0 h 03 min

    J’avais déjà entendu parler de ce livre et de son auteur. Mais je passe aussi

    • 26 avril 2010 at 0 h 45 min

      Ah mais non, pas toi aussi !!

  6. 24 avril 2010 at 9 h 54 min

    Il me le faut =D !!! Je l’avais déjà repéré, mais oublié… Merci pour le rappel !

    • 26 avril 2010 at 0 h 48 min

      Ahhhh ! enfin un cri du coeur ! Merci Coraly ! Heureusement qu’il y a des lectrices japanaddict

  7. 24 avril 2010 at 9 h 55 min

    bon et alors, on a oublié ma commande ??

    • 26 avril 2010 at 0 h 50 min

      Naaaaaann !!! Suis partie qqs jours et j’ai pas eu le temps de te prévenir que j’aurais du retard… d’un autre côté, j’avais dit 2-3 mois

  8. 26 avril 2010 at 9 h 21 min

    J’avais beaucoup aimé ce livre… Je suis fan de la littérature japonaise!

    • 26 avril 2010 at 0 h 52 min

      Ah enfin un autre amateur de littérature japonaise ! J’en suis ravie !

  9. 27 avril 2010 at 7 h 42 min

    Un livre qui me semble vraiment très intéressant : je pense que je vais me laisser tenter pour continuer ma découverte du Japon… ;-)

    • 27 avril 2010 at 8 h 43 min

      Oui c’est un peu différent de ce qu’on trouve habituellement en littérature japonaise ! C’est beaucoup plus engagé !

  10. 28 avril 2010 at 8 h 50 min

    un vrai bonheur de lecture, l’Histoire, la lutte, la non résignation, la Vie !

     

    • 29 avril 2010 at 3 h 03 min

      Dois-je comprendre que tu l’as lu Michel ? Je n’ai pas vu ton billet :(

  11. 29 avril 2010 at 0 h 54 min

    Voilà qui est peu commun! le thème est passionnant!

    • 29 avril 2010 at 3 h 07 min

      Oui il aborde une thématique peu développée des japonais il me semble !

    • 2 mai 2010 at 7 h 37 min

      ah ben mince, je suis passé à travers ! Merci pour le lien, je le rajoute à mon billet !

  12. 2 mai 2010 at 8 h 29 min

    Fait, son prénom ou son nom c’est Takijji , tu as tapé Takiki 

    • 2 mai 2010 at 8 h 34 min

      Oh la belle erreur ! J’ai corrigé ! Merci :)

  13. 11 décembre 2011 at 2 h 53 min

    haaa je vais te faire plaisir: je l’ai lu et beaucoup apprécié, malgré le coté très dur ( genre les ouvriers de Zola ont un sort enviable , à côté), mais même je dirais, justement pour ça, car ça change de la littérature japonaise très éthérée. rhaa, je pesatais en le lisant, à voir qu’ils mettent autant de temps à réagir ( d’autant plus en faisant remarquer que les ouvriers de la capitale).. se seraient mis en grève pour 10 fois moins que ça…

    Paru en 1929, comme par hasard, et ça ne métonne pas qu’il soit ressorti précisément en 2008, au moment du début de la crise.

    Très intéressant aussi de savoir ce qui s’est passé immédiatement après la guerre russo-japonaise, la récupération des navires.. et d’autant que les Kouriles, ça reste un sujet tendu encore maintenant ( sauf que ce n’est plus le crabe qui est le nerf de la guerre mais els gisements d’hydrocarbures..)

    • 12 décembre 2011 at 5 h 55 min

      En effet, je suis bien contente que ce titre confidentiel ait trouvé une lectrice de plus ! :)

      Comme toi, j’ai découvert tout un pan historique que je ne connaissais pas. c’est rare, cette veine engagée, les japonais n’étant pas franchement connu pour leur côté révolutionnaire ^^

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