La colline empoisonnée – Freddy Nadolny Poustochkine

 

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Auteur : Freddy Nadolny Poustochkine

Editeur  Futuropolis
Date de parution : Juin 2010

Prix : 28 Euros 

352 pages




La colline empoisonnée est un récit en deux parties.

Dans la première, nous sommes au Cambodge et nous suivons un jeune garçon qui commence son apprentissage de moine bouddhiste. L’enseignement se fait avec difficulté. Peu assidu, il préfère dormir et rêvasser, observer les papillons plutôt que de se recueillir et de prier. Un jour, il rencontre une jeune fille qui se passionne aussi pour les papillons avec un camarade de classe, qu’il croisera aussi sur sa route plus loin.

Dans la seconde partie, c’est en France que nous retrouvons un jeune garçon qui vit avec sa mère souvent absente et son grand frère qui le tyrannise un peu, dans une cité plutôt tristounette. Son quotidien se partage entre l’école et son meilleur copain, Moussa. Il sympathise avec une nouvelle élève, réfugiée cambodgienne. Un soir, assommé par une chute, son esprit s’égare au Cambodge, mélangeant les souvenirs racontés par la jeune réfugiée et des rêves dans lesquels on reconnait une continuité avec la première partie. A son réveil, la jeune fille a disparu et semble n’avoir jamais été présente…

 

Ces deux récits si différents sont bien sûr intimement liés. Vous découvrirez à la lecture de la deuxième partie plusieurs éléments qui vous renverront à la première. La jeune fille semble être la même et l’on retrouve la même attirance pour les papillons. Le Cambodge y est également évoqué : l’origine de la jeune fille qui évoquera son souvenir des moines de son pays d’autrefois ; un poste de télévision qui citera de manière furtive l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir.

Pourtant, je dois dire que je n’ai pas compris du tout le sens du lien entre ces personnages : rêve, réalité, réincarnation. Aucune clé ne sera donné à l’issue du récit. Du coup, je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur. Je ne sais pas du tout ce qu’il a voulu faire passer dans cet album…


Je m’attendais à une évocation plus forte de l’histoire du Cambodge qui n’est jamais arrivé, ses bouleversements et les répercutions dramatiques sur le quotidien.

Seuls sont mis en avant la richesse du paysage et les rêveries poétiques des personnages.

Le graphisme est par ailleurs plutôt agréable, les couleurs chaudes (comme les robes oranges des moines, les plantes, les papillons, par exemple) egayent avec bonheur les planches et retranscrivent bien l’atmosphère que l’on peut imaginer pour ce pays asiatique.

Soit mais ça ne fait pas du tout…

Au final, il ne se passe pas grand chose et ça en devient un peu long au bout de ces 350 pages lorsqu’on ne comprend pas quel en est le but.

 

Bref, avis mitigé sur ce bel album que j’étais certaine d’apprécier.

Si quelqu’un est capable de me donner la clé de cet album, j’en serais ravie !

 

Pour l’anecdocte, quel sens donner au titre me direz-vous ?

Et bien sachez que colline empoisonnée est la traduction de Tuol Sleng. Il s’agit d’une ancienne école de Phnom Penh, transformée par les khmers rouges en lieu de détention et de torture, plus connu sous le nom de S-21… C’est tout de suite beaucoup moins poétique ! Dommage que l’auteur n’est pas plus exploité l’histoire.

 

 

 

 

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18 comments for “La colline empoisonnée – Freddy Nadolny Poustochkine

  1. 17 juin 2010 at 1 h 20 min

    Effectivement, les graphiques sont très beaux mais je n’aime pas ne pas comprendre !

    Quand j’ai vu le titre, je me suis dit « allons bon, encore du poison, faut-il se méfier de cette fille ?  »

    • 18 juin 2010 at 2 h 43 min

      MDR ! non je suis pas fanatique du poison comme d’autres des chats…

      L’histoire et le dessin m’attiraient beaucoup et j’étais certaine que ça serait le genre de petite perle un peu confidentielle. Bon ben à moitié raté…Mais je suivrais les prochains albums de l’auteur malgré tout !

  2. 17 juin 2010 at 1 h 37 min

    Ben oui, dommage, j’aime bien le principe du double récit et ce graphisme sobre éclairé par des taches de couleurs.

    • 18 juin 2010 at 2 h 44 min

      Après c’est ptet moi qui suis un peu embouchée lol ! J’aimerais bien lire un autre avis pour comparer ma lecture mais bon j’ai l’impression que c’est mal parti !

  3. 17 juin 2010 at 2 h 19 min

    Te donner la clé de ce récit ? Hou là, ma p’tite dame, je crains de ne rien pouvoir faire pour toi !!!  

     

    • 18 juin 2010 at 2 h 46 min

      Tu m’aides, là, Marie… tu m’aides…

  4. Ys
    18 juin 2010 at 1 h 29 min

    Je n’arrête pas de lire des BD Futuropolis ces derniers temps, que du bon en plus (Vehlmann, Holmes, Le ciel au-dessus du Louvre…), celle-ci attendra !

    • 18 juin 2010 at 2 h 58 min

      Ben voui, je suis aussi plutôt amatrice de leur catalogue. Cet album n’est pas mauvais mais plutôt intéressant. C’est juste que le fait de ne pas avoir compris les liens entre les 2 parties empêche de voir la finalité de cet album et forcément ça gache tout…

      T’as pas envie de le lire pour m’expliquer ?

  5. 18 juin 2010 at 4 h 29 min

    J’essaierai de voir si je le trouve à la biblio mais je ne suis pas sûre que je serais capable de te donner la clé une fois que je l’aurai lu ;)

    • 18 juin 2010 at 3 h 57 min

      Et bien ton avis sur la question sera de toute manière intéressant !

  6. 9 août 2010 at 1 h 47 min

    Je suis navré que vous n’ayez pas compris… Il est effectivement question dans cette oeuvre artistique absolue de la prise de pouvoir par les Khmers rouges. Simplement, le point de vue radical employé, à savoir le regard des enfants, nous plonge à la même hauteur d’incompréhension qu’eux. Ce qui n’enlève rien à l’horrible tragédie !

    C’est la BD la plus bouleversante que j’aie jamais lue.

    Et les dessins les plus éblouissants qu’on puisse trouver avec ceux de Blain et de Guibert…

    • 14 août 2010 at 1 h 37 min

      Je le suis d’autant plus que je suis sensible à ce drame. Je pense que c’est le manque de cohérence qui m’a gêné.

      Pour ma part, je trouve autrement plus fort les albums de Sera sur ce génocide et les dessins mille fois plus somptueux que pour cet album ci.

      Il en faut pour tous les goûts !

  7. 14 août 2010 at 1 h 00 min

    Ah ! Sera… Alors d’accord, si c’est cela que vous trouvez sublime… OK.

    Il ne faudrait pas comparer un regard « réaliste », cru, et un regard poétique… ce n’est pas qu’une question de goût.

    (Pour ma part je trouve les dessins de Sera abominables. Ceci est une question de goût.)

    • 14 août 2010 at 7 h 40 min

      Je n’aime pas tout ce qu’il fait mais L’eau et la terre par exemple m’a extremement touché.

      Entendez-vous par là que ces 2 albums ne peuvent être comparés, de par leur différence de regard ? ça reste une question de gout : Vous pouvez voir de la crudité dans des choses que je trouverais poétique. Cahcun appréhende à sa manière les dessins et l’intrigue d’un album.

  8. Thalwyn
    10 juillet 2011 at 1 h 10 min

    J’ai toujours quelques démangeaisons quand je tombe sur des commentaires qui insistent lourdement sur la « question de goût ». Non pas que je sois favorable à une vision uniforme et à un goût officiel. Mais cette relativisation me laisse souvent sceptique. Mais passons.

    Merci à Louis Butin pour son commentaire.

    J’y ajouterai que c’est oeuvre poétique. Pas de la poésie narrative d’un Hugo, mais de l’autre poésie, celle d’un Rimbaud, d’un Baudelaire ou d’un Verlaine. Ou encore d’un Saint-Amant. Le Saint-Amant baroque. Car cette BD est aussi baroque avec la multiplicité des points de vue et l’enchâssemnt des récits.

    C’est aussi une oeuvre cinématographique par son découpage, ces fondus-enchaînés sublimes et les cadrages rappelant la pudeuur de certains cinéastes, notamment asiatiques, mais pas seulement.

    La référence à l’Aline de Christiophe est bouleversante. Et ces deux histoires d’amour qui sans doute n’en font qu’une sont parmi ce que j’ai vu et lu de plus beau et profondément touchant. la perte de l’objet de son amour transforme chaque être humain, quelque soit son âge, en un enfant plein d’incompréhension face à l’injustice. Cette injustice vient ici souligner et dire avec finesse l’autre Injustice, celle d’un monde qui transforme les innocents en coupables, les amoureux déçus en bourreaux. Ces enfants sont aussi nous, adultes, que la vie nous endurcis et nous rend incapables d’aimer simplement, d’être inventifs et poétiques, d’assumer nos sentiments en raison d’un qu’ »en-dira-t-on » aussi stérile que stérilisant.

    Ce « qu’en-dira-t-on », c’est l’autre. Nécessaire certainement lorsqu’il nous fait passer de l’immaturité à la rresponsabilité sociale, mais destructeur lorsqu’il devient la tyrannie du collectif, la tyrannie du groupe (Cf; les jeux dans la cour de l’école, les rires en classe, les moqueries).

    L’autre, ce sont aussi ces oiseaux de plus en plus menaçants. Ces adultes qu’un enfant ne peut comprendre.

    Que reste-t-il à l’enfant, à nous ? Pleurer et chanter sa détresse dans un champ de ruines et errer inconsolable. Ou « copier » et se faire soi-même tortionnaire.

    Magnifique BD. A lire et relire. Comme un poème de Baudelaire, chaque jour, elle est autre.

    • 10 juillet 2011 at 3 h 07 min

      Insister lourdement ?? Nous ne devons pas avoir la même notion du « lourdement ». Je ne l’ai mentionné qu’une fois en réponse à un commentaire et pas de manière insistante, il me semble ! Si le fait que j’apprécie plus les dessins d’un auteur à ceux d’un autre n’est pas une affaire de goût ou de sensibilité, qu’est-ce donc ? je suis curieuse de lire votre réponse. Nous pouvons reconnaître le talent d’un artiste et ne pas l’apprécier. ESt-ce que tout le monde aime Picasso, par exemple ? Je ne pense pas. Voilà ce que je souhaitais exprimer quand je parlais de « goût ».

      Quant à l’album, oui c’est une oeuvre poétique multiforme avec un découpage et une narration particulière. Je comprends parfaitement que vous ayez été touché par cette histoire et vous en parlez de façon très belle. J’ai moi-même ressenti certaines des émotions que vous décrivez même si je ne les ai peut-être pas assez clairement exprimé dans mon billet.

      Mais, comme je le disais, j’aurais aimé pouvoir relier les 2 histoires de manière « réaliste ». Peut-être que mon esprit manque de poésie ou que j’ai perdu mon âme d’enfant mais ce côté un peu flou, flottant m’a gênée pour la compréhension de l’album. Néanmoins, je constate qu’avec le temps, je n’ai rien perdu de mes souvenirs de lecture et que cet album garde une empreinte forte en moi. Une deuxième lecture me permettrait surement de voir cette BD d’une autre oeil.

  9. Thalwyn
    10 juillet 2011 at 1 h 15 min

    Dommage que l’on ne puisse pas éditer les commentaires.

     

    « J’y ajouterai que c’est une oeuvre poétique »

    « adultes, que la vie endurcit »

    • 10 juillet 2011 at 3 h 08 min

      Hélas, mon hébergeur ne propose pas cette fonctionalité…

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