Plage – Marie Sizun

 

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Auteur: Marie Sizun

Editeur : Arléa

Date de parution : 19 Août 2010

Prix :  19 €

262 pages

 

 

 

Une femme seule au sein d’une petite ville bretonne de bord de mer. Un homme qui doit la rejoindre à la fin de la semaine. Et l’attente. L’attente qui s’installe bien trop lourdement dans le coeur de notre héroine.

Anne attend l’homme qu’elle aime, un homme marié peu disponible qui la retrouvera enfin pour quelques jours de liberté, loin des contraintes, loin de sa famille dont elle ne veut rien savoir.

Son impatience est manifeste et elle ne quitte pas son téléphone portable, attendant fébrilement les appels de l’amant.

 

 » (…) ici, toute seule, je suis libre, follement libre… Libre de faire ce que je veux, de regarder et d’écouter ce que je veux, de lire quand je veux, autabnt que je veux – j’ai apporté une provision de romans – et de penser à toi, mon amour, de penser à toi : chaque instant est peuplé de toi – même quand je lis -, du désir que j’ai de toi, de nos souvenirs, de nos projets.

Je suis heureuse, tu le sens bien ? Heureuse de t’aimer, de t’attendre. On ne s’ennuie pas quand on est heureux. « 


Devant elle, 6 jours à attendre, à tromper son ennui et sa solitude.

Alors Anne va sur la plage, elle observe ses voisins, écoute leur conversation.


   » Ces hommes et ces femmes, ces enfants, j’adore les regarder, les écouter, deviner leur histoire. Tu sais combien je suis curieuse (…). Je n’y peux rien : c’est précisément la solitude qui m’a rendue comme telle, qui m’a donné ce besoin de la vie des autres. C’est aussi pour ça que j’aime tant les romans. « 


Elle regarde la vie qui se déroule en dehors d’elle et chaque rencontre est prétexte à l’évocation d’un souvenir. Peu à peu, son passé nous est dévoilé : son père aimant mais infidèle, sa mère haïe, son travail à la bibliothèque, sa rencontre avec François, les instants volés avec son amant et la sensation d’exister quand elle est avec lui.

Un portrait mélancolique se dresse et s’égrène au fil des pages.

Les jours se suivent, les nouvelles de l’amant se font rares. Une amitié naissante avec une jeune divorcée permet d’oublier la solitude, trop pesante.

Que l’homme tant attendu vienne ou pas, Anne ne sera plus la même à l’issue de son séjour. Libérée, elle se sentira plus forte et plus réelle que jamais.

 

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Marie Sizun nous offre ici un très beau portrait de femme : simple et sensible, vous pourriez la rencontrer au détour d’une rue. Une femme amoureuse dont le seul signe distinctif est sa solitude qu’elle essaie de ne pas trop afficher.

C’est elle qui nous raconte cette semaine d’attente, confiant à son amant lointain et inaccessible ses pensées, ses souvenirs, sa tristesse tel un journal où les chapitres scandent les différentes journées. Une semaine qui lui permettra de faire le point, le bilan de sa vie et d’avancer peut-être. Ses émotions sont confiées avec pudeur et on ne peut que s’attacher à cette femme si touchante.

 

 

 » Plage  » est le roman de la solitude et de l’attente. Triste et lumineux à la fois, il s’en dégage une ambiance mélancolique qui n’est pas sans me rappeler celle des Déferlantes de Marie Gallay.

Premier roman que je lis de cet auteur, je suis extrêmement charmée par son écriture toute en finesse et en simplicité.


Un auteur à découvrir, sans aucun doute !

 

 

Mon seul bémol sera pour la photo choisie pour la jaquette qui ne retranscrit pas vraiment l’univers du roman. Cette jeune femme souriante au téléphone me parait bien trop terre à terre pour un roman si poétique.

 

 

 

Ce roman a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat

avec Ulike et le site chroniquesdelarentréelitteraire.com.


 

chronique de la rentree litteraire

 

 

Si le billet vous a plu, n’hésitez pas à voter pour lui ici !

 

 

1% litteraire 2010


40 comments for “Plage – Marie Sizun

  1. 23 août 2010 at 8 h 32 min

    je vais essayer de ne pas me laisser impressionner par la référence aux Déferlantes (que je n’ai pas trop aimé!)

    • 23 août 2010 at 2 h 37 min

      C’est du côté de l’ambiance que je trouve une ressemblance : Bord de mer, ambiance mélancolique d’une femme malheureuse en amour, poésie, …

      AU besoin, oublie ce que j’ai dit lol

  2. 23 août 2010 at 8 h 37 min

    Jamais lu cette auteure..

    • 23 août 2010 at 2 h 43 min

      Elle semble avoir un petit succès auprsè des blogueurs. J’avoue que cette veille dame a une très belle plume !

  3. cathulu
    23 août 2010 at 8 h 49 min

    L’ambiance que tu décris me donne envie de découvrir cette auteure…

    • 23 août 2010 at 2 h 44 min

      ça ne m’étonne pas ! C’est une ambiance très douce, mélancolique qui plaira aux amateurs.

  4. 23 août 2010 at 9 h 13 min

    J’ai déjà lu ton billet sur le site de Chroniques hier (et voté). J’ai bien envie de le lire !

    • 23 août 2010 at 2 h 45 min

      Oh tu es gentille ! Merci ! MOi, je n’ai pas encore épluché les chroniques mais ça va venir !

  5. 23 août 2010 at 0 h 32 min

    J’ai beaucoup aimé « le père de la petite » et compte bien relire quelque chose de l’auteur. Pourquoi pas celui-ci. Je trouvais la couverture jolie, mais si tu dis qu’elle ne colle pas avec l’atmosphère du roman, c’est dommage.

    • 23 août 2010 at 2 h 49 min

      A mon avis, on doit bien retrouver le même genre d’ambiance dans tous ses romans.

      Disons que a couverture illustre bien le sujet mais perso, je trouve que cette femme souriante casse un peu le côté poétique et mélancolique de l’histoire. J’aurais vu quelque chose de plus « éthéré ».

  6. 23 août 2010 at 3 h 35 min

    C’est vrai que la couverture ne semble pas trop servir le propos…

    Bon c’est vraiment le genre de livre qui pourrait me plaire, je note ;)

    • 23 août 2010 at 5 h 02 min

      Tiens tiens, madame change de discours…

  7. 23 août 2010 at 5 h 04 min

    J’ai dit je note, ça peut vouloir dire que je l’achèterai l’année prochaine ;)

    • 23 août 2010 at 8 h 20 min

      ouais ouais mais t’étais quand même plus réfractaire hier…

  8. 23 août 2010 at 5 h 54 min

    Ce roman paraitra sans doute en poche, comme les précédents de l’auteur. J’ ia lu »le père de la petite » et possède « La femme de l’Allemand », c’est toujours assez intimiste et doux.

    • 23 août 2010 at 8 h 28 min

      Oui surement ! C’est bien, tu continues dans tes bonnes résolutions !

  9. 23 août 2010 at 6 h 21 min

    Trop intimiste pour moi, je pense, je préfère plus d’évasion…

    • 23 août 2010 at 8 h 30 min

      C’est sur, il faut aimer cette veine intimiste. Moi, j’aime bien les deux ! :)

  10. 23 août 2010 at 6 h 33 min

    La photo que tu as choisie pour illustrer ton billet me parait plus en accord avec ce que tu dis du roman. Bon là tu m’as tentée sans me menacer, c’est bien normal ça ?

    • 23 août 2010 at 8 h 31 min

      En effet, comment est-ce possible ?! Faut croire que la menace a intégré ton subconscient…

  11. 23 août 2010 at 6 h 52 min

    Je t’ai mis un 10 pour ton billet MOI ^^

    • 23 août 2010 at 8 h 21 min

      C’est bien urbain de votre part Madame… Mais pour les articles, ça serait pas les notes sur 5 étoiles ? C’est pas très clair leur 2 notation…

      Rassure-toi, j’irais faire de même, c’est juste que je n’ai pas encore pris le temps d’éplucher les critiques !

  12. 24 août 2010 at 9 h 25 min

    J’esperais trouver des livres de rentrée plus gais que l’année dernière, cela ne semble pas être le cas… J’hésite

    • 25 août 2010 at 0 h 36 min

      Le robbins est très gai dans son genre !

  13. 24 août 2010 at 3 h 01 min

    La femme de l’allemand est toujours dans ma pal…

    • 25 août 2010 at 0 h 42 min

      Et bien, ça va être l’occasion de le ressortir !

  14. 25 août 2010 at 2 h 41 min

    Premier billet que je lis sur ton blog que je découvre par hasard et premier ajout à ma LAL! Ca commence bien :D

    • 25 août 2010 at 1 h 05 min

      Merci pour ta visite ! Je suis heureuse que tu y trouves de quoi piocher ! C’est un beau roman !

  15. 25 août 2010 at 1 h 32 min

    Je suis très sensible ces temps-ci aux belles ambiances… Ton article me tente vraiment !

    • 25 août 2010 at 1 h 42 min

      Avec ce titre, tu seras servi ! Un vrai roman d’ambiance, d’attente et de mélancolie.

  16. 27 août 2010 at 8 h 37 min

    Un livre qui me tente bcq, j’ai découvert cet auteur grâce à un livre voyageur, j’avais bcq aimé son style; je me le note; merci pour cet article, je m’en vais voter

    bonne journée,

    • 29 août 2010 at 8 h 47 min

      Merci Pascale ! Pour ma part, c’était ma première découverte mais je renouvellerais l’expérience !

  17. 27 août 2010 at 4 h 44 min

    Arghhh, je n’avais pas vu qu’il y avait un nouveau livre de Marie Sizun, il me le faut en urgence !!!!

  18. 28 août 2010 at 8 h 36 min

    Visiblement, un beau livre plein de sentiments et de solitude, de la part de Marie Sizun … J’ai un premier livre de cette romancière (« La femme de l’Allemand ») dans ma PAL, mais non lu encore ! Il me semble que ses sujets tournent beaucoup autour de la femme, de ses relations aux hommes, de cette solitude intérieure, de ses amours clandestines, ou bien je me trompe ?!

    • 29 août 2010 at 9 h 20 min

      Je ne saurais te dire, c’est le premier que je lis d’elle mais il me semble en effet que ça soit ses thèmes de prédilection.

  19. 29 août 2010 at 0 h 57 min

    La femme de l’allemand est un livre absolument magnifique et poignant, que je n’ai pas lâché avant de l’avoir terminé et qui m’a fait verser quantité de larmes à la fin, tant il m’a émue. Une très belle écriture, une vision de la femme très belle également, bien qu’extrèmement dure, bref, une auteur à lire de toute urgence !

    • 30 août 2010 at 2 h 51 min

      Et bien, tant que ça ! Je me souvenais bien qu’il avait reçu de bonnes critiques de la part des blogs. Bon, va falloir que j’aille me pencher dessus un de ces 4 alors !

  20. 5 septembre 2010 at 7 h 43 min

    Je fuis ce genre de romans intimistes et nombrilistes, spécialité des auteurs français.

    • 6 septembre 2010 at 8 h 49 min

      Ah bon ? J’aurais pensé que tu appréciais ce genre.

      Moi, je reconnais, j’aime assez cette veine intimiste. (mais je déteste l’autofiction hein)

      Le roman est très doux, très intérieur. ça me renvoie à mes propres émotions.

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