Brooklyn – Colm Toibin

 

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Auteur : Colm Toibin

Editeur : Robert Laffont, pavillons

Date de parution : Janvier 2011

Prix : 20 €

  314 pages

 

 

Eilis est une jeune irlandaise qui vit avec sa mère et sa soeur Rose à Enniscorthy. Son père est mort, ses frères sont partis travailler en Angleterre, il ne reste qu’elles pour s’occuper de leur mère. Rose est la seule à ramener un peu d’argent tandis que Eilis peine à trouver du travail. Jusqu’au jour où le père Flood, pasteur irlandais vivant à Brooklin aux Etats-unis, prend en main le destin de la jeune fille. Sans qu’elle comprenne bien comment, Eilis se retrouve envoyée aux Etats-unis, par sa mère et sa soeur qui lui espèrent un meilleur avenir en dépit du sacrifice de la séparation.

Eilis se retrouve employée comme vendeuse dans un magasin de vêtements et vit dans une petite pension de famille. La vie n’est pas très drôle, se partageant entre le travail et ses cours du soir en comptabilité. Sa seule distraction : les bals de la paroisse où se pressent les jeunes gens. Elle y rencontrera Tony, un jeune italien très amoureux.

Un évènement vient pourtant tout bouleverser et peut-être remettre en cause l’avenir qui lui était tracé…

 

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Chateau d’EnniscorthyIrlande


 

Nous sommes dans les années 50 et la vie n’est pas simple pour les jeunes filles d’alors. Le chômage est important, les perspectives d’avenir peu reluisantes. Nombreux sont ceux qui passent les frontières irlandaises pour aller chercher fortune plus loin. Les moeurs et le statut de la femme ne sont pas encore franchement libérés. Le départ d’Eilis pour l’Amérique est vu comme une chance.

Son intégration ne se fait pas sans heurts. Tout en découvrant un nouvel espace de liberté, la jeune femme a le mal du pays. Son travail est peu épanouissant et ses colocataires un peu grinçantes. 


A travers l’histoire de cet exil volontaire, l’auteur nous fait le portrait de toute une époque : misère, immigration, développement économique, communauté noire qui prend de l’importance, …

Les choses se passent différemment selon que l’on soit en Amérique ou en Irlande. On pourrait presque y voir un portrait croisé de ces 2 pays. Alors que l’Amérique prend son envol économique, l’Irlande semble encore englué dans ses traditions et sa misère.

 

Tout le roman se fait autour d’Eilis. Le récit donne une description très minutieuse de ces faits et gestes, de son arrivée, de son emploi du temps. Une précision qui rend, hélas, le texte quelque peu ennuyeux. Il ne se passe rien de notable dans la vie de notre irlandaise, tout est très long et monotone. Eilis semble faire tout ce qu’on attend d’elle et peu de choses viennent pimenter sa vie toute tracée.

Et c’est là où le bât blesse pour moi… J’ai trouvé l’héroine insupportable…

Loin d’être à l’image d’une jeune femme qui prend en main son destin, Ellis se veut le parfait modèle d’existence de la bonne et gentille femme, celle qui travaille mais pas trop, celle qui soutiendra son mari et lui fera de beaux bébés. Même si parfois, elle se permet quelques aspirations plus personnelles, elle s’en tient finalement à ce qu’on attend d’elle. Ses questionnements, s’ils sont évoqués, ne sont pas assez détaillés et approfondis, eux, pour le coup

Sans dévoiler la fin, je dois même dire que j’ai excécré la façon dont elle se fait manipuler par sa famille et ses proches. La chute du récit est à son image : elle laisse l’impression d’une femme qui n’assume pas ses choix et reste dans l’incertitude de ce qu’elle veut réellement.

 

Bref, sans avoir détesté, ce fut une déception donc… et je semble être la seule fausse note pour le moment…

 

Les avis tous beaucoup plus positifs de : Amanda, Kathel, Manu, Cuné,

 

brooklyn-04.jpgLe pont de Brooklin – Edouard Boubat

 

 

 

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Merci à BOB et à Robert Laffont pour ce partenariat.



21 comments for “Brooklyn – Colm Toibin

  1. 3 février 2011 at 9 h 39 min

    Il continue à me tenter à cause du sujet et des thèmes abordés. Et j’ai surtout la sensation, en lisant ton billet, que tu as été déçue par le comportement du personnage principal plus que par le roman lui-même ;)

    • 4 février 2011 at 1 h 41 min

      Oui c’est pas faux ! Mais bon, c’est l’auteur qui a construit son héroine comme ça ! Et puis, j’ai trouvé qu’on ne rentrait pas assez dans la psychologie des personnages. Tout m’a semblé un peu trop lisse….

      Enfin, j’imagine que d’autres avis vont suivre et surement plus positifs aussi.

  2. 3 février 2011 at 0 h 14 min

    J’hésitais… je passe, merci !

    • 4 février 2011 at 1 h 41 min

      Même avec les autres avis plus positifs ?

  3. 3 février 2011 at 0 h 45 min

    Il en faut toujours une qui amène une note différente  De toute façon j’ai envie de lire l’auteur, je verrai bien quel titre se présentera en premier.

    • 4 février 2011 at 1 h 42 min

      Hum… et c’est tombé sur moi ! Ceci dit, ça ne m’empêchera pas de relire l’auteur si l’occasion se présente.

  4. 3 février 2011 at 5 h 22 min

    J’ai lu le billet très positif de Kathel et je ne suis toutefois pas totalement convaincue. Ton billet confirme mes hésitations: je crois que je serais moi aussi embêtée par le caractère de l’héroine. Je lis un livre de Margaret Atwood où le personnage principal est mou de chez mou et je n’ai qu’une envie, c’est de lui mettre des baffes pour la faire réagir

    • 4 février 2011 at 1 h 43 min

      Oui alors bon, je crois que tu peux passer ton chemin…. Tu es tout à fait dans ce cas de figure avec cette héroine…

  5. 3 février 2011 at 8 h 17 min

    Je le note quand même !

    • 4 février 2011 at 1 h 44 min

      Comment donner envie avec un billet négatif… ^^

  6. 3 février 2011 at 9 h 45 min

    Ah tiens, je suis contente que tu aies aussi trouvé qu’il manquait de profondeur. Mais c’est surtout ça que je reprochais à l’héroïne. Mais tu as raison, elle se laisse porter. Mais j’ai aimé.

    • 4 février 2011 at 1 h 45 min

      Oui, j’ai été contente de lire tes réserves même si au final tu as su apprécier le roman !

      J’ai pas encore pris le temps de venir te mettre un petit mot à ce sujet, j’ai délaissé mes visites ces derniers temps…

  7. 4 février 2011 at 0 h 00 min

    Bon, tu as joint de sublimes photos à ton billet, alors je ne t’en veux pas !

    • 6 février 2011 at 2 h 55 min

      Je fais ce que je peux !

  8. 6 février 2011 at 1 h 03 min

    Dommage, j’avais énormément aimé son roman sur Henry James

    • 6 février 2011 at 3 h 01 min

      Oh mais je ne suis que la seule petite voix discordante !

  9. 16 février 2011 at 3 h 38 min

    Cela m’énerve aussi ces femmes qui ne se prennent pas en main !!!!

  10. 25 août 2012 at 1 h 59 min

    J’ai aussi beaucoup lu Colm Toibin,toujours avec infiniment de plaisir.

  11. 16 décembre 2012 at 4 h 14 min

    Je suis tout à fait d’accord avec toi mais cela n’empêche pas ce livre d’être un bon roman. Colm Toibin a fait exprès de construire son personnage de cette manière. Il faut imaginer la suite. Peut-être son talent est-il là, dans ce portrait de femme indécise certes, qui accepte le destin qu’on lui trace mais qui a réussi une chose : faire des études.

    • 22 décembre 2012 at 3 h 59 min

      Et bien, tu vois, avec le temps, je garde tout de même souvenir de ce roman, pas forcément en mal. Malgré tout en relisant mon avis, je n’arrive pas à me départir de cet agacement devant cette femme. Les études ne servent à rien si elle n’en fait rien.

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