ABE Kôbô (1924-1993)

 

 

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ABE Kôbô, de son vrai nom ABE Kimifusa est né à Tokyo en 1924. Il a grandi à Shinyou en Chine où son père était un médecin à l’Université de la Mandchourie. En 1943, il commence ses études de médecine à l’Université de Tokyo. Il perd son père lors d’une épidémie de fièvre typhoïde, ce qui le poussera à se pencher sérieusement sur le sens de l’existence humaine.

ABE s’installe à Hokkaido avant de rentrer à Tokyo. Il y noue des accointances avec le mouvement marxiste et devient lui-même un activiste communiste. Il fréquenta des artistes d’avant-garde tels que Okamoto Taro, Tesigawara Hirosi, Haniya Yutaka… Il se marie avec Yamada Matiko qui prit le nom d’Abe Mati une artiste de théâtre qui illustrera également les œuvres de l‘auteur.


En 1947, Il publie « Poèmes anonymes », dédicacé à son père et à son meilleur ami, tous deux décédés à la fin de la deuxième guerre mondiale en Mandchourie.

Il obtient son diplôme de médecine mais choisit la carrière littéraire.

Il publie son premier roman en 1948, imaginant une autre vie pour son ami Kanayama Tokio qui s’était enfuit de chez lui et avait péri dans le désert de Mandchourie.

Abe Kôbô joignit le Parti Communiste afin d‘organiser des cercles littéraires pour les ouvriers des quartiers populaires. Il devient cependant l’élève d’Isakawa Jun qui était contre le marxisme.

En 1950, sa nouvelle « Le Cocon rouge », lui vaut le premier des trois prix littéraires les plus prestigieux du Japon, le prix Akaï Mayu.

En 1951, il obtient le prix Akutagawa, le plus grand prix littéraire japonais, pour son œuvre  » Les murs » , anthologie de six récits, dont la préface avait été écrite par Isakawa.

En 1962, parait « La femme des sables »  qui obtient au Japon le Prix Yomiuri et en France, le prix du Meilleur Livre Etranger. Le roman sera d’ailleurs adapté à l’écran par Hiroshi Teshigahara. De plus, cet ouvrage vaut à Abe Kôbô d’être exclu du Parti Communiste, principalement à cause de la thématique qu’il y développe.

 

Il écrit également des pièces de théâtre : en 1967, il fonde la compagnie Abé Kôbo Studio, montant, outre ses propres pièces avant-gardistes (dont la plus célèbre est « Les amis » sur un homme qui reçoit la visite d’une famille inconnue au grand complet), celles d’Arthur Miller et d’Harold Pinter. Il s’oriente alors vers un travail de metteur en scène de théatre et travaille également pour la télévision. Parallèlement, il continue à publier des romans tels que « La Face d’un autre » sur un homme chez qui le désir de se faire mettre un masque sur son visage défiguré a des conséquences inattendues, « Le Plan déchiqueté » sur un détective que la recherche d’un homme disparu va conduire à perdre son identité, « l’Homme-boîte » sur un homme quittant la société pour arpenter les rues d’une grande ville vêtu d’une grande boîte en carton, « Rendez-vous secret » où un homme à la recherche de sa femme disparue se met à découvrir toutes les formes de comportement criminel, « L’arche en toc » sur un homme se cachant dans le métro pour éviter l’apocalypse.

Le romancier meurt à Tôkyô en 1993. « Cahier Kangourou », qui conte l’histoire d’un homme sur les jambes duquel poussent des radis paraît après sa mort, de même que « Mort Anonyme », recueil de nouvelles correspondant à diverses étapes de son parcours littéraire.


Son style est proche du surréalisme européen et son thème récurant est l’existence de l’homme dans un monde absurde.

 


 

 

Liens :

 

- Courte étude de son oeuvre


 

 

 

Bibliographie traduite en français :

 

1949 à 1966 : Mort anonyme

1951 : La vie d’un poète (dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II)

1951 : Les murs

1957 : Soldat d’un rêve (dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II)

1962 : La femme des sables

1964 : La face d’un autre

1967 : Le plan déchiqueté

1967 : Les amis

1973 : L’homme-boite

1977 : Rendez-vous secret

1985 : L’arche en toc

1991 : Cahier kangourou

 

 

 

- Mort anonyme (1949 à 1966)

 

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Editions françaises :

 

- 1993 : Editions Denoël

traduit du japonais par Minh Nguyen-Mordvinoff

  296 pages – 21,34€

2-207-24109-2

 

- 1995 : LGF, Livre de poche Biblio

traduit du japonais par Minh Nguyen-Mordvinoff

218 pages – 5€

2-253-93242-6

 

 

 

 

 

 

 

A travers des personnages qui semblent d’une grande banalité, un employé de bureau, un fonctionnaire, un soldat, Abe Kobo nous fait toucher du doigt l’essentiel, la condition humaine, avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.

 

Le recueil  regroupe les nouvelles suivantes :


 - La Mort anonyme  

- L’Envoyé spécial  

- Le Rêve du soldat  

- Les Envahisseurs  

- La Transformation 

- Le Beau parleur  

- La Vie d’un poète  

- Dendrocacalia  

- Le Pari  

- Au-delà du tournant

 

 

trong>Des avis chez :

- Black

 

 

 

- La vie d’un poète (1951) :


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Edition française :


- 1989 : Editions Gallimard, du monde entier

   dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II

  Traduit par Marc Mécréant

590 pages – 25,15€

2-07-071388-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les murs (1951) :

 

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Editions françaises :

 

- 1989 : Picquier

traduit du japonais par Marc Mécréant

320 pages – 14,94€ (épuisé)

2-87730-023-4

 

- 1994 – Picquier, poche

traduit du japonais par Marc Mécréant

256 pages – 8€

2-87730-193-1

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Six récits qui nous entraînent dans un univers fantastique, celui du labyrinthe de l’identité aux frontières du réel et du rêve, et qui ont valu à leur auteur une renommée considérable au Japon avant même que La Femme des sables ne consacre sa renommée internationale en 1962.

 

Le recueil  regroupe les nouvelles suivantes :


- Les Murs

- Le Cocon rouge

- Le Crime de Monsieur S. Karuma

- L’Inondation

- La Craie magique

- Les Affaires

- Le Tanuki de la tour de Babel

 

 

Liens :

 

- Etude de la nouvelle « Le crime de Monsieur S. Karuma (en PDF)

 

Des avis chez :

Julien -


 

- Soldat d’un rêve (1957) :

 

 

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Edition française :


- 1989 : Editions Gallimard, du monde entier

  dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines tome II  

 Traduit par Marc Mécréant

590 pages – 25,15€

2-07-071388-1

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

La nouvelle « Soldat d’un rêve » (Yume no heishi), publiée en 1957, s’ouvre et se ferme sur un poème énigme, le temps d’une nuit et d’un récit plus illusoire que réel.

Un vieux policier, solitaire, attend dans un monde tragiquement clos par des barricades réelles : le village, le mur de la maison du maire, mais aussi symboliques : son incommunicabilité avec le trio infernal maire, adjoint, prieur, sa conscience. Durée de cette attente : une nuit. Pour quelle action ? Aucune, une absence d’action plutôt.

On reconnaît ici les règles d’une mise en scène tragique qu’accentue un récit en abîme où la description remplace l’action et où se superposent récit du narrateur – le seul fiable par la précision réaliste -, monologue du policier et « chorus » indistinct du maire et de ses deux acolytes, la voix de l’un faisant écho à celle de l’autre jusqu’à l’absence d’identité… volontaire!

Volontaire, puisque, semble-t-il, Kōbō a tissé d’absence la trame plastique de son récit : neige, soldats disparus, écran des shoji, trace… tous sont confondus dans un gris de rêve, mais quel rêve ?

« Soldat d’un rêve » se veut une nouvelle de l’attente d’un vieillard aussi observateur que le héros du Rivage des Syrtes, Aido, et aussi accusateur d’un immobilisme général.

Mais tandis qu’Aido fuit dans l’action, le vieux policier fuit, lui, dans le rêve, le vide – l’exil intérieur.

 

 

 

- La femme des sables (1962) :

 

femme-des-sables-01 femme-des-sables-02Editions françaises :

 

- 2002 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Georges Bonneau

378 pages – 9,50€

2-234-05483-4 >

 

- 2004 : LGF, Livre de poche, Biblio

traduit du japonais par Georges Bonneau

317 pages – 6,50€

2-253-05995-1

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Un professeur parti à la découverte de quelque insecte des sables échoue dans un petit village du fond des dunes – village dont il ne pourra plus sortir. Comme les autres habitants, le voilà prisonnier du sable : le sable qui envahit tout, qui s’infiltre dans la moindre fissure et qu’il faut sans répit rejeter. Particulièrement dans le trou où est tapie la maisonnette qu’il habite en compagnie d’une femme fruste, vraie maîtresse-servante. Jour après jour, mois après mois, l’homme et la femme rejettent le sable. Cet esclavage est la condition même de leur survie. Lassé de cette routine, l’homme tentera de s’échapper, de retrouver sa liberté… Roman insolite d’une extraordinaire richesse, dur et angoissant, qui, sous l’exactitude et la précision des détails d’une fiction réaliste, retrouve la dimension des mythes éternels. Il ne s’agit de rien d’autre que de la condition humaine avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.

 

Ce roman a été adapté au cinéma par TESHIGAHARA Hiroshi en 1964 sur un scénario de l’auteur lui-même.

 

Extrait :

 

« Maison déjà à demi-morte, se dit-il ; maison saisie par les tentacules du sable qui sans fin continue de couler ; maison aux viscères à demi-déchirés par la morsure du sable… Du sable, de ce rien qui n’a, pour l’ordinaire, qu’un huitième de millimètre, et qui , hors son grain élémentaire, ne possède même pas de forme propre… De ce rien qui s’appelle sable, de ce sans-corps et dont pourtant le pouvoir destructeur est tel que rien n’est capable de lui faire front, rien au monde… A moins que… quisait ?… de ne pas avoir de forme ne soit précisément ici le privilège, l’expression la plus haute de la Force en soi !… »

 

 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez Papillon, Lecture-écriture, Plathey, Domiwind,

- Fiche du film et avis sur Cinémasie

 

 

- La face d’un autre (1964) :

 

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Edition française :

 

- 1999, Stock, La cosmopolite

240 pages – 9,15€

2-234-05135-5

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Le narrateur de cette histoire a eu le visage horriblement brûlé à la suite d’un accident. De telle sorte qu’il est condamné à vivre la figure enveloppée de bandages. Depuis, sa femme a élevé entre eux un mur de silence qu’il veut à tout prix faire tomber. Il imagine alors de se fabriquer un masque en matière plastique, réaliste au point de faire de lui un autre homme derrière un nouveau visage. Et il en vient peu à peu à se dire qu’il pourrait ainsi séduire sa femme, tout comme un étranger.

Il réussit dans son entreprise. Ou du moins, il le croit. Car sa femme ne l’a-t-elle pas reconnu n’a-t-elle pas deviné quel était son dessein ? N’a-t-elle pas joué le jeu en espérant de sa part un geste, une preuve d’amour ? On le voit, ce roman cruel et fascinant pose le vieux, l’éternel problème de l’identité. Qu’est ce le moi réel, et que recouvre-t-il ? Le masque dissimule-t-il l’ancienne personnalité ou bien en crée-t-il une nouvelle ? Version moderne, à sa façon, du Dr Jekyll et Mr Hyde, La face d’un autre connaît depuis plus de trente ans un succès jamais démenti.

 

Le roman a été adapté au cinéma, en 1966, par TESHIGAHARA Hiroshi sur un scénario de l’auteur lui-même.

 

 

Extraits :

 

- Incipit :
 » Enfin tu es là, après avoir franchi les détours sans nombre du labyrinthe. Tu as pu trouver ce refuge grâce au plan qu’il t’avait donné. Tu as monté l’escalier d’un pas mal assuré, en faisant résonner les marches, comme si tu avais frappé avec tes pieds les pédales d’un orgue. La première porte en haut de l’escalier. Tu as retenu ton haleine en frappant. Pas de réponse. Cependant, une fillette accourut vers toi avec des souplesses de chatte. Elle devait t’ouvrir la porte. Tu lui as adressé la parole, espérant qu’elle avait quelque chose à te dire. Mais sans te répondre, elle s’est enfuie en souriant malicieusement. Alors tu as regardé partout dans la chambre, le cherchant. mais tu ne l’as pas trouvé, ni lui ni son ombre. La chambre t’a parue morte ; y flottait une odeur de ruines. Et tu as tressailli, à ton tour regardée par ces murs qui maintenant ont perdu leur expression. Te sentant mauvaise conscience, tu voulus rebrousser chemin. C’est alors que tes yeux sont tombés sur les trois cahiers et la lettre qui étaient sur la table. Tu eus l’impression d’être tombée dans un piège. Ton coeur était lourd d’angoisse, mais tu ne pus résister à la tentation. Et d’une main qui tremblait un peu, tu as décacheté la lettre que, maintenant, tu es en train de lire. »

 

-   » La liberté ne consiste pas seuleument à suivre sa propre volonté, mais aussi parfois à la fuir. « 


-  » La souffrance de l’emprisonnement réside dans le fait que l’on ne peut, à aucun moment, s’évader de soi-même. »

 

-  » La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d’en sortir, elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent. « 

 

 

 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez : Bibliophagie -

- Fiche et avis du film sur Cinémasie

 

 

 

- Le plan déchiqueté (1967) :

 

plan-dechiquete-01plan-dechiquete-02Editions françaises :

- 1993 : LGF, Livre de poche Biblio

traduit de l’anglais par Jean-Gérard Chauffeteau

279 pages – 10,40€ (épuisé)

2-253-06309-6

 

- 1997 : Stock, La cosmopolite

traduit de l’anglais par Jean-Gérard Chauffeteau

272 pages – 10,67 € (épuisé)

2-234-04846-X

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Le plan déchiqueté nous raconte une histoire mystérieuse pleine de suspense où une intrigue quasi policière se superpose à un drame spirituel. Le personnage central – on hésite à dire le héros – est un chasseur, un détective privé qui recherche un disparu dans l’immense désert de la cité moderne. La poursuite – violente, parfois cauchemardesque – le conduit de plus en plus profondément dans les bas-fonds de Tokyo : entreprises frauduleuses, spectacles douteux, chauffeurs de taxis en marge de la loi, voyous qui rançonnent homosexuels et drogués, hommes d’affaires qui font commerce de la corruption et de la mort

A mesure que le rythme s’accélère, les disciplines professionnelles qui lient le détective au monde réel exigent paradoxalement qu’il « devienne » en quelque sorte l’homme qu’il recherche. Il lui faut penser comme pense son gibier, agir comme il agit. Peu à peu, inéluctablement, impitoyablement, son identité, sa personnalité, son moi vont se confondre avec ceux du disparu.

 

Le roman a été adapté au cinéma, en 1968, par TESHIGAHARA Hiroshi sur un scénario de l’auteur lui-même.


 

Liens :

 

- Avis de blogueurs chez : Lecture-écritureDomiwind -

- Fiche et avis du film sur Cinémasie

 

 

 

- Les amis (1967) :

 

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Edition française :

 

- 1987 : Gallimard, Le manteau d’Arlequin

traduit du japonais par Cécile et Françoise Sakaî

88 pages – 9,91 €

2-07-071138-2

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Un homme, un jour, reçoit une surprenante visite : celle d’une famille au grand complet – grand-mère, parents et enfants – qui s’installe dans son appartement et prétend l’arracher à la solitude. Pourtant, ce sont là des inconnus… A partir de cette situation inédite, se développe une logique implacable qui fera du protagoniste un otage dérisoire ; le rire devient grinçant. Il se pourrait que tout fût un cauchemar, mais, réaliste ou onirique, cette fiction pose en termes dramatiques le problème de l’individu face aux autres. Cette angoisse, peut-être appartenait-il à un écrivain japonais de l’exprimer.

Depuis sa création en 1967, cette pièce – représentative de l’oeuvre dramaturgique de Kōbō Abe – a été jouée plusieurs fois au Japon ainsi que dans divers pays étrangers, notamment les Etats-Unis et la France (Théâtre Renaud-Barrault, 1981). La traduction présentée ici se fonde sur une version remaniée par l’auteur à l’occasion d’une reprise.

 

 

- L’homme-boite (1973) :

 

homme-boite-03.jpgEditions françaises :

 

- 1979 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

206 pages – 9,30€ (épuisé)

2-234-00805-0

 

- 1999 : Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

208 pages – 8,40€ (épuisé)

2-234-05134-7

 

- 2001, Stock, La cosmopolite

traduit du japonais par Suzanne Rosset

271 pages – 8,45€

2-234-05426-5

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Cet homme qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans une boîte en carton n’est pas un Diogène cynique réfugié dans un tonneau par mépris de l’humanité. Tourmenté et solitaire, c’est un anti-héros, un être mythique dont le mal profond est l’impuissance, et pour qui la boîte, à la fois sécurisante et protectrice, est un écran placé entre lui et les autres, destiné à le protéger des contraintes de la société…

Ecrit dans une langue dense, drue, dépourvue de sentimentalisme, ce roman a eu un immense succès au Japon, avant d’être traduit dans une quinzaine de langues.

 

 

Note de la traductrice:

 » Lorsqu’on m’a demandé si j’étais d’accord pour traduire le roman d’Abe Kobo, « L’homme-boîte », je savais, par avance, que j’allais, en acceptant, au devant de difficultés. La principale d’entre elles était de déchiffrer, à travers une histoire atypique, les principes de la philosophie de l’auteur et la façon dont il envisageait la situation de l’homme dans le monde moderne. L’homme-boîte qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans un boîte en carton est un personnage oppressé par la complexité des temps modernes ; il est le symbole de l’impuissance individuelle face à un monde hostile. La boîte est donc, pour lui, un endroit protecteur et sûr. Il y découpe, à hauteur des yeux, une ouverture qui lui permet de
jeter un regard vers le monde extérieur. C’est ce regard même, d’un microcosme vers un macrocosme, qui le sauvera, car il entrera ainsi en communication avec la femme aimée qui l’obligera à sortir de sa boîte et à se révéler au monde. On peut dire que « L’homme-boîte » est une sorte de roman philosophique à « suspense ». « 

 

 

- Rendez-vous secret (1977) :

 

rendez-vous-secret-02.jpgEditions françaises :

 

- 1985 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccaty, Ryôji Nakamura

209 pages, 14,94€ (épuisé)

2-07-070088-7

 

-1996 : Gallimard, Folio

traduit du japonais par René de Ceccaty, Ryôji Nakamura

272 pages – 7,30€

2-07-039473-5  

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Une femme disparaît. Emmenée à l’aube en ambulance. Hospitalisation forcée ? Enlèvement ? Fugue d’adultère ? Son mari enquête, de plus en plus certain d’être privé de son libre arbitre. Dans les souterrains d’un hôpital labyrinthique, structuré comme une ville fantôme sous surveillance électronique, entre des ruines de fondations, au milieu des préparatifs tragi-comiques d’une sinistre fête de commémoration, l’«homme» ne cesse d’errer, tout en rédigeant minutieusement des cahiers d’enquête. Un cheval qui mène l’opération. Une secrétaire nymphomane, conçue in vitro. Une fillette prostituée et mourante qui rétrécit d’heure en heure. Les figures que le narrateur croise appartiennent à un monde dominé par le sexe, l’angoisse, les manipulations scientifico-policières, le grotesque.

Dosant avec une fascinante maîtrise l’absurde et le rationnel, Kôbô Abé signe avec Rendez-vous secret un roman policier, un livre pornographique, une fable poétique, un exercice de style de haute virtuosité. La comédie hyperréaliste du désespoir.

 

 

- L’arche en toc (1985) :

 

arche-en-toc-02.jpgEdition française :

 

- 1987 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

352 pages – 17,53 €

2-07-070965-5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Peut-on imaginer la fin du monde sans Arche de Noé? Peut-on imaginer, de nos jours, la fin du monde sous une autre forme qu’une guerre nucléaire? Cette arche serait donc un abri antiatomique.

 

 

 

- Cahier kangourou (1991) :

 

cahier-kangourou-01cahier-kangourou-02Editions françaises :

- 1995 : Gallimard, Du monde entier

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

192 pages – 17,53€

2-07-073045-X

- 2003 : Gallimard, L’imaginaire

traduit du japonais par René de Ceccatty, Ryôji Nakamura

192 pages – 6,50€

2-07-076812-0

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

Un homme se réveille un matin, les mollets recouverts d’une espèce de légume qui ressemble à de la luzerne. Il se précipite chez un dermatologue aussi stupéfait que lui devant ces étranges symptômes. Dès lors, la journée du malade se déroule comme un rêve d’une extraordinaire précision réaliste. Des événements plus incongrus les uns que les autres s’enchaînent…

Kôbô Abe, qui devait mourir moins d’un an après la parution de ce dernier roman, était atteint d’une grave maladie. Sur un ton tour à tour guilleret et dramatique, il décrit dans cette fable onirique les dernières heures d’un malade.

 

Liens :

 

- Critiques chez : La femelle du requinTakija -

 

 

 


2 comments for “ABE Kôbô (1924-1993)

  1. 27 mars 2011 at 1 h 30 min

    Abe Kobo est un écrivain étonnant. La femme des sables est un des romans les plus étranges que j’ai jamais lus… J’ai encore L’homme-boite dans ma PAL. Mais je ne savais pas qu’il avait autant écrit, et tant de nouvelles. Merci pour ce récapitulatif très complet.

    • 28 mars 2011 at 0 h 13 min

      Ce qui est terrible, c’est qu’à chaque fiche d’auteur japonais que je vais faire, je vais avoir envie de tout lire ^^

      Abe kobo fait partie de mes lacunes hélas… J’ai très envie de découvrir sa femme des sables, d’autant qu’il existe aussi une adaptation ciné…

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