Sur la route encore – Baru

 

Sur la route encore 01

 

Auteur : Baru

Editeur : Casterman
Date de parution : Janvier 1997

Prix : 20 €

  112 pages

 

 

 

 

« Sur la route encore » se présente tout d’abord comme plusieurs récits indépendants.

Il y a André, qui se retrouve plongé dans un des bals de sa jeunesse avec ses copains musicos et voit tout se terminer en bagarre générale avant de d’être pris en stop par deux zigotos voyeurs. Puis il y a Edith qui accompagnée d’une autre auto-stoppeuse peureuse, essaie de tracer la route comme elle peut. Chacun de leur côté, ils semblent fuir ou chercher quelqu’un. D’autres mystérieux inconnus semblent rentrer dans la danse. Le lecteur ne sait pas trop où tout ça va le mener jusqu’à ce que l’épilogue lui donne le fin mot de l’histoire…

 

Voilà encore une histoire qui forme une belle ode à l’errance et à la liberté. André et Edith cherchent à retrouver la fougue de leur jeunesse. Un époque où l’on pouvait partir sac au dos sans se soucier de rien, dans les vapeurs de Katmandou et sur les traces de Kerouac. Une époque où les amis étaient là, où le rock’n roll rythmait le monde que l’on pensait pouvoir encore changer.

La france que l’on découvre aujourd’hui dans leur errance est pourtant plutôt triste et noire : les femmes que l’on tringlent pour mieux exhiber ses ébats en public, les jeunes filles qui couchent avec tout le monde pour mieux faire la nique au paternel, le mari qui prostitue sa femme par plaisir pervers, … Les potes ont mal tournés, sont en taule ou leurs chemins sont séparés.

 

L’espoir n’est pourtant pas absent de ce récit qui se termine en reliant les différentes histoires entre elles, de manière plutôt habile. La narration savère ainsi très surprenante et l’auteur semble se jouer de son lecteur en ignorant et en cachant sciemment certains éléments de l’histoire pour mieux nous les dévoiler plus loin.

 

On y retrouve le trait nerveux de Baru et ses héros à gueules. On replonge avec lui dans la nostalgie d’une époque. Sexe et violence sont bien évidemment présent et Baru dresse une fois de plus un portrait peu flatteur des gens ordinaires et de leur bêtise. Un univers un peu sombre dont n’est pas absent l’humour et l’ironie qu’il insère de manière très subtile.

Déjà abordé dans ses précédents albums, on retrouve une fois de plus ici le thème du road-movie ou de l’errance. On pense bien évidemment à Kerouac et à son « On the road » dont Baru semble reprendre le titre à son compte. On y voit des personnages qui prennent la route pour mieux contrer ce quotidien qui les bouffent mais leur voyage ne les sauvera pas des travers humains qu’ils croiseront à de multiples reprises.  

 

« Sur la route encore » n’est peut-être pas un des albums les plus connus de Baru mais mérite amplement qu’on s’arrête sur cette histoire surprenante d’amour et d’amitié, qui s’inscrit parfaitement dans son parcours d’auteur.

 

 

D’autres avis :

Phylacterium

 

   

 

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bd du mercredi

17 comments for “Sur la route encore – Baru

  1. 11 mai 2011 at 6 h 05 min

    Je n’ai toujours pas réussi à sauter le pas avec ce Baru…

    • 15 mai 2011 at 1 h 50 min

      Un jour, son tour viendra… si si !

  2. 11 mai 2011 at 8 h 23 min

    Un Baru que je n’ai pas encore lu tiens… mais bon, je finirai bien par tous les lire car j’aime bien cet auteur :)

    • 15 mai 2011 at 1 h 53 min

      Ben moi aussi, j’essaye de me faire toute l’oeuvre !

  3. 11 mai 2011 at 9 h 02 min

    Un auteur à part qui ne laisse pas insensible. On adore ou on déteste, il y a rarement d’avis tièdes avec Baru. Perso, j’adore !

    • 15 mai 2011 at 1 h 53 min

      Jérome, tu es mon ami ^^ Moi aussi, j’aime beaucoup :)

       

  4. 11 mai 2011 at 0 h 48 min

    Kerouac, la route, toute cette génération, ‘aime bien. Les thèmes évoqués ici me plaisent mais le dessin de Baru, rien à faire, je ne m’y fais pas! 

    • 15 mai 2011 at 1 h 54 min

      Qu’est-ce qui te gêne ? Les traits un peu déformés des personnages ?

  5. 11 mai 2011 at 1 h 47 min

    J’adore Baru.

  6. 12 mai 2011 at 1 h 24 min

    J’ai bien aimé cet album.

    • 15 mai 2011 at 1 h 56 min

      Moi aussi mais ça n’est pas mon préféré.

  7. Mo'
    12 mai 2011 at 6 h 43 min

    Il y a comme un air de nostalgie amère que tu donnes à ta chronique qui me plait bien. J’irais regarder l’album de plus près mais sa colorisation ne me plait pas

    • 15 mai 2011 at 1 h 59 min

      Oui mais d’ailleurs, tu la retrouves dans d’autres albums, cette nostalgie de la jeunesse auquel se réfère souvent Baru : les années 50, le rock, les premieres filles, etc…

      Côté dessin et couleurs, je préfère l’Enragé que je trouve très abouti de ce côté. C’est avec cette histoire que j’ai découvert l’auteur d’ailleurs.

       

  8. 15 mai 2011 at 1 h 48 min

    Ca a l’air un peu hard, mais à voir…Je pense aimer, donc je la note ! 

    • 15 mai 2011 at 2 h 18 min

      Hard ? Ah non pas vraiment ! :)

  9. Mo'
    16 mai 2011 at 9 h 28 min

    Oui. Même si je connais bien moins que toi sa bibliographie, c’est le constat que je fais à la lecture des avis en ligne (les tiens, ceux de Phylacterium pour ne prendre que ces exemples). Pourtant, j’ai l’impression que malgré l’emploi récurrent de thèmes identiques (rock, années 50…), Baru sait se renouveller d’un album à l’autre

    • 18 mai 2011 at 1 h 57 min

      Je ne dirais pas ça, pour chaque album mais oui en effet, on retrouve régulièrement de nouvelles idées, une évolution dans le scénario et le dessin. C’est d’autant plus marqué quand tu lis son oeuvre de manière chronologique.

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