Intrus à l’étrange – Simon Hureau

intrus-a-l-etrange-01.jpgMartial vient d’apprendre le décès de son grand-père Hector. Il se lamente de n’avoir pu être à ses côtés et regrette de ne pas avoir été très présent ces derniers mois. A son arrivée au domicile, il se rend compte avec amertume que son cousin est même déjà passé rafler les objets de valeur… Ce qu’il va découvrir pourtant a certainement plus d’importance : 2 valises scellées cachées sous le canapé adressées à un certain Félix Larose à Magnat-L’étrange. Puis, c’est toute une correspondance amoureuse avec Mme Georgette Blizard qu’il découvre. Une femme qui demeure elle aussi à Magnat. Martial, intrigué, n’a pas grand chose à perdre à rechercher ce village. Sans emploi, il vient d’être mis à la porte par sa copine qui se fera un plaisir de jeter ses affaires à la rue. Avec 3 sous en poche, le jeune homme part donc en direction de la Creuse où se niche le petit village campagnard de Magnat-l’étrange. S’il retrouve Georgette, personne ne connaît en revanche de Félix Larose. A la place, Martial va découvrir un village agité. Un de ces habitants, Lilin, a été quasiment lynché par ses voisins. D’autres évènements étranges atiirent toute une faune de curieux : Vampirisme, cas de rage inexpliquées, espèces de chauve-souris hors de leur zone de nidification… Tout cela est très… étrange !

 

Loin de ce que laissait présager les premières pages avec le deuil du grand-père (qui m’a laissé un peu chaos au bout de quelques pages tant je m’y suis reconnue il y a si peu…), Intrus à l’étrange part dans une sorte de quête teintée de fantastique sur les pas de Martial.

Notre héros fuit la ville et ses soucis et découvre en apparence un village tout ce qu’il y a de plus bucolique. Un de ces villages à l’ancienne où tout le monde se connaît et où on tape le bout de gras au troquet du coin. Sauf que Martial va découvrir qu’il est loin de la carte postale. Il croise un certain Lilin qui sort de l’hôpital où l’ont envoyé ses voisins, excédés par son côté sauvage et atypique. Un passage à tabac dont il ignore tout tout comme les étranges faits observés ces derniers temps dans le village. Pris pour un journaliste, il tente de démentir en vain avant d’en profiter et de se joindre à d’autres curieux enquêteurs : un scientifique mordu de chauve-souris et un blogueur gothique axé sur le vampirisme. Alors que les 2 énergumènes rivalisent de théories plus ou moins fumeuses, Martial cherche toujours de son côté son Félix Larose et n’hésite pas à braver les menaces des habitants et les secrets que ces derniers renferment…

 

Voilà une longue intrigue qui prend le remps de s’installer et installe une atmosphère de mystère qui ne s’évanouira pas complètement en refermant l’album. Le scénario s’est révélé très original et à mille lieux de ce à quoi je m’attendais !

Le personnage principal a un petit côté suranné à travers son chapeau melon et les expressions désuètes qu’il emploit comme Sapignotte, gueuse,… Les autres personnages secondaires ont tous un profil intéressant plus ou moins atypique et donnent ainsi beaucoup de couleur au récit. Martial a pourtant bien les pieds sur terre et son regard innocent et neuf sur le village nous permet de découvrir son univers avec beaucoup de recul. Un village avec ses habitants accueillants mais aussi ses sales cons qui s’adonnent à la mesquinerie, la méchanceté en trouvant un bouc émissaire facilement atteignable : querelles de voisinage, ostracisme, etc…

L’auteur réussit à mener de front les différentes pistes du récit sans perdre son lecteur. Entre le conflit entre Lilin et les autres habitants, la prolifération de chauve-souris, la vieille mamie qui a vu une bête se faufiler dans le village en pleine nuit, l’adolescent qui affirme avoir vu un vampire, le chien enragé mort embroché sur un pieu… et la quête personnelle de Martial, le lecteur est balloté d’un mystère à un autre sans qu’il puisse rien deviner du vrai ou du faux. Pourtant la deuxième moitié de l’album nous mènera dans un univers secret et sauvage très différent qui laissera notre héros seul et se déroulera sans une parole sur une quarantaine de pages ! Une partie qui nous donnera habilement toutes les clés du mystère ou presque !

 

Le trait de Simon Hureau, que je découvre ici (en fait non, je viens de me rendre compte que j’avais lu son Tout doit disparaître !), est en noir et blanc et plutôt rond. Les décors sont très fouillés : les paysage, le village, l’intérieur des maisons fourmillent de détails.

On notera des passages graphiques plus « flous » qui viennent souligner les moments nostalgiques du passé que Martial se remémore avec son grand-père.

 

Voilà donc au final un bel album qui oscille entre chronique de village, quête personnelle et douce nostalgie, le tout emprunt de mystère sans être dénué d’humour et de critique ! A découvrir !

 

 

D’autres avis :

Mo’ que je remercie pour cette découverte ! – KactussCatherineLystig -

 

Lien :

Preview de l’album

 

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  intrus à l'étrange 04

 


Titre : Intrus à l’étrange

  Dessinateur / scénariste : Simon Hureau

Editeur : La boite à Bulles

Parution : Juin 2011

  150 pages 

Prix : 24€


 

 

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Challenge roaarrr

Prix BD Boum 2011

Fauve : Prix Polar 2012


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15 comments for “Intrus à l’étrange – Simon Hureau

  1. Mo'
    30 septembre 2011 at 7 h 56 min

    Mazette ! Quelle belle chronique ! J’y retrouve complètement mon ressenti ! Seule chose qui me chiffonne : je n’ai pas lu « Tout doit disparaitre » ^^

    Merci pour le partage

    • 30 septembre 2011 at 5 h 08 min

      Belle, belle, n’exagérons rien ! Mais oui, une fois de plus, en relisant ton billet, je me suis dit ah ben tiens, j’ai écris un peu les mêmes trucs ^^

       

  2. 30 septembre 2011 at 8 h 28 min

    Je l’ai noté aussi chez Mo’ (étonnant, non ? mdr !) mais pour l’instant, il n’est pas à la biblio ! Il a un trait particulier facilement reconnaissable une fois qu’on l’a découvert et moi aussi, j’ai lu Tout doit disparaitre !

    • 30 septembre 2011 at 5 h 09 min

      On a les mêmes fournisseuses

      Reconnaissable oui mais tu vois, j’avais totalement zappé l’autre album que j’avais lu… comme quoi ! Pourtant, j’en garde un bon souvenir aussi !

  3. 30 septembre 2011 at 0 h 20 min

    J’aime beaucoup sa façon de dessiner les frices et les ruines. C’est un auteur que je suis depuis longtemps, il avait fait du carnet de voyage sous forme de BD auparavant.

    • 30 septembre 2011 at 5 h 15 min

      les frices ? keskidit ?

      Je connais pas cette histoire de carnet de voyage… ça m’intéresse ! En plus, le Cambodge : ça a tout pour me plaire !

       

  4. Kactusss
    30 septembre 2011 at 5 h 53 min

    Friches ! Je suis fatigué en ce moment, j’écris pas ce que pense mon cerveau !

    • 30 septembre 2011 at 6 h 00 min

      Ah, les friches ! Je n’y étais pas du tout !

  5. 30 septembre 2011 at 0 h 04 min

    pourquoi pas? cela me tente bien!

  6. 2 octobre 2011 at 6 h 29 min

    un très bel album, à tous les sens du terme !

    • 2 octobre 2011 at 2 h 27 min

      Nous sommes d’accord !

  7. 21 novembre 2011 at 8 h 30 min

    Merci de m’avoir linkée. Je garde un très bon souvenir de cette bande dessinée et je suis contente qu’elle ait reçu un prix. Bonne semaine.

    • 21 novembre 2011 at 8 h 39 min

      Avec plaisir Catherine, je te lis régulièrement même si je ne laisse pas souvent de commentaires !

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