La zone, tome 1 – Eric Stalner

la zone t1 01Dans le futur hypothétique de 2019, la Terre a été ravagée d’un grand cataclysme et la Nature a repris ses droits sur les Hommes, disparus à 95% en Angleterre. En 2069, la population survivante tente de panser ses cicatrices et a bannie de son quotidien tout ce qui la renvoie à son passé.

Au village cloîtré d’Applecross, Lawrence est le seul à porter un regard plus nuancé sur le passé et à préserver la connaissance de l’écriture et surtout des livres qu’il conserve pieusement à son domicile. Vivant seul à l’écart, avec son animal domestique, une femelle puma qu’il appelle le Chat, Lawrence tente malgré tout d’enseigner la lecture à la jeune Keira. Malheureusement, le jour où cette dernière s’enfuit avec inconscience munie d’une carte du pays, Lawrence est bien vite accusé d’avoir perverti la jeunesse avec ses idées de l’Ancien Monde, responsables du grand cataclysme. Menacé par les villageois et surtout inquiet pour la jeune fille qui ignore les dangers auxquels elle s’expose, il part à sa recherche et renoue avec les territoires extérieurs qu’il est un des rares à avoir parcouru.

 

C’est dans un univers apocalyptique que nous plonge ici Eric Stalner. Le monde a été dévasté par une succession de catastrophes (épidémies, raz de marée, séismes, tempêtes …) et désormais la Nature a repris le dessus sur le monde civilisé, enfouissant sous la végétation les restes d’une urbanisation poussée.

Les survivants vivent enfermés dans des villages dont ils n’osent pas sortir, craignant d’être contaminés par l’extérieur.

A Applecross, les habitants sont clairement hostiles envers Lawrence, l’Etranger qui a vécu à l’extérieur de nombreuses années et dont on craint les idées et la connaissance qu’il tire des livres de l’Ancien Monde.

Un homme ambivalent donc et un peu secret qui cache en son sein un certain savoir et de nombreuses blessures. Partant à la recherche de Keira, il devra réaffronter ses démons et retrouver les terres qu’il avait fuit autrefois tout en se protégeant des hordes d’enfants sauvages cannibales, à l’affût de la moindre chair fraîche.

 

Fascinant récit qui nous plonge dans un univers futuriste à la portée humaniste tout en suivant la quête d’un homme complexe. Le récit qui nous est fait est extrêmement rythmé et mélange habilement passé et présent. Les informations sur l’apocalypse se dévoilent peu à peu et le lecteur pourra être quelque peu perdu avant d’avoir toutes les données en main. La narration se ponctue de nombreux flash-backs qui nous éclaire sur le passé de Lawrence ainsi que sur certains éléments de la Zone, cette partie secrète du pays qu’il est l’un des seuls à connaître. Une Zone que le lecteur parcoura plus loin en sa compagnie et qui se révèlera pleine de surprises. Sans compter que l’album se ferme sur une bouleversante révélation qui modifie la perception que le lecteur s’est faite sur le cataclysme et ne fait que redoubler les questionnements !

 

Eric Stalner propose donc un récit d’anticipation où le futur est loin d’être réjouissant. Le monde qu’il a imaginé s’avère très intéressant sans être révolutionnaire (science prohibé, rejet des livres, Nature qui reprend ses droits) et distille un arrière-fond écologiste qui est toujours bon à prendre lorsque l’on voit où les excès de nos sociétés industrielles nous mènent.

Premier tome d’une série, l’album introduit plutôt bien l’univers et laisse le lecteur avec de nombreuses questions dont il attend les réponses avec impatience. Le focus se fait pour le moment essentiellement sur le personnage de Lawrence dont les zones d’ombre sont propices à de riches développements dans les tomes suivants.

Le dessin est plutôt réaliste et les décors particulièrement riches et soignés. Les couleurs sont particulièrement réussies et donnent une belle densité à cette nature à la fois menaçante et ressourçante.

 

Ce premier album de La zone s’avère donc une excellente surprise avec un scénario plutôt riche et un très beau dessin. Inutile d’être un grand fan des récits post-apocalyptiques pour apprécier cette série qui réserve encore beaucoup de surprises ! Prévue en 4 tomes, on peut d’ors et déjà découvrir les 3 premiers. N’hésitez donc pas !

 

 

D’autres avis :

Bulles et onomatopéesCatherinePG Luneau -Yaneck -

 

Liens :

Les premières pages à lire

 

 

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 Titre : La zone, tome 1 – Sentinelles

 Dessinateur / scénariste : Eric Stalner

  Coloristes : Pradelle / Langlois

Editeur : Glénat, Caractère

Parution : Mai 2010

    55 pages 

Prix : 13,50 €


 

18 comments for “La zone, tome 1 – Eric Stalner

  1. 6 janvier 2012 at 2 h 42 min

    j’espère que la grande biblio de la ville à côté aura les trois premiers tomes !

  2. 6 janvier 2012 at 3 h 28 min

    Contente que tu aies aimé cette BD, et belle analyse .

    Merci de m’avoir linkée.

    Bon weekend et encore mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2012 .

    • 8 janvier 2012 at 3 h 19 min

      Mais je t’en prie ! En voyant la sortie du tome 3 et me souvenant que j’avais lu quelques billets intéressants, j’ai tenté avec succès l’expérience !

      Encore bonne année à toi Catherine !

  3. 6 janvier 2012 at 3 h 33 min

    Je l’ai lu au moment de sa sortie et je n’est pas accroché. Un gros détail me gêne dans cette fin du monde. A la place de mettre de la nourriture de côté, ils mettent des livres de côté. Dans « La route » le récit par excellence de fin du monde, les livres n’ont aucun intérêts. Même si on peut comprendre que le savoir est le futur dans ce genre de situation, proposer une bibilothèque aussi bien protégée me paraît très peut, mais alors très peut crédible. Les survavistes ne préparent pas la protection des billiothèques….

    • 8 janvier 2012 at 3 h 22 min

      Alors là, je te dirais que ça ne m’a même pas effleuré l’esprit ! Y’a eu un cataclysme certes mais bon, ils ne sont pas revenus à l’age de pierre et ne semble pas avoir de difficultés à se nourrir. Je ne me suis pas posé la question du comment mais bon c’est vrai qu’on peut supposer que l’abandon de tout ce qui est industrie perturbe l’alimentation. Quant aux livres, par contre, je suis persuadée que dans ce cas de figure, il y aura toujours des âmes bien opportunes qui sauveront quelques livres essentiels !

  4. 7 janvier 2012 at 4 h 51 min

    Un epu lassée des récits post-apocalyptiques mais là tu me tentes. Le graphisme me plaît et 4 tomes , c’est encore humain.

    • 8 janvier 2012 at 3 h 27 min

      Je parlerais surement de la suite un de ces quatre si tu veux la jouer prudente :)

  5. 7 janvier 2012 at 6 h 46 min

    Un album qui semble intéressant. J’aime beaucoup ce genre de thèmes, même si finalement, je lis très peu de « post-apo ». Je note.

    • 8 janvier 2012 at 3 h 29 min

      Voilà un album de science-fiction facilement accessible aux lecteurs qui n’en lisent pas habituellement. Pas de trucs bizarres dans l’espace, juste un récit d’anticipation assez crédible si on réfléchit bien !

  6. 8 janvier 2012 at 2 h 03 min

    j’aime beaucoup le style, je note !

  7. 9 janvier 2012 at 2 h 14 min

    Ton billet me rappelle à l’ordre, puisque je devrais chroniquer les tomes 2 et 3 !

    • 9 janvier 2012 at 2 h 33 min

      Arf ! ça me laisse le temps de les lire ! ^^

  8. 11 janvier 2012 at 0 h 14 min

    Le sujet m’intéresse mais vu que c’est quand même une bd classique (dans le format et le dessin), j’ai supposé que la biblio allait l’acheter plus facilement qu’un roman graphique ! Et puis, comme ce n’est pas encore terminé, je ne suis pas pressée … à un tome de la fin, autant attendre qu’il paraisse pour m’y jeter dessus ;)

    • 15 janvier 2012 at 8 h 00 min

      Toujours ta petite manie ! ;)

  9. 9 février 2012 at 4 h 33 min

    Très bonne critique, Choco! Je suis heureux de voir que tu as, toi aussi, bien aimé ce premier tome! Et merci d’avoir mis ma critique en lien!!

    • 9 février 2012 at 2 h 17 min

      Je t’en prie PG ! Tes avis sont toujours fort éclairés ! :)

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