Mokke, tome 1 – Takatoshi KUMAKURA

Mokke-t1-01Mizuki et Shizuru sont deux sœurs qui vivent à la campagne avec leur grand-père. Ces dernières possèdent chacune un talent un peu particulier : Alors que l’une a le don d’attirer les yôkai et de s’en faire posséder, l’autre a la faculté de les voir. Obligées de garder le secret sur leurs pouvoirs, les deux sœurs ont parfois bien du mal à les assumer.

Mokke nous emmène sans équivoque dans le monde folklorique japonais. Contraction de « Mononoké » signifiant esprit, le terme nous invite à découvrir le monde des yôkai, ces créatures fabuleuses, ces esprits imaginaires (ou pas) très présents au Japon.
Dans ce premier tome, nous découvrons tout d’abord la vie des deux sœurs. Mizuki est une petite fille gaie et quelque peu naïve qui peine à écouter les recommandations de ses aînés quant aux yôkai. De fait, la petite est régulièrement possédée par ces derniers, dont elle ne se protège pas assez. Sa soeur aînée, au contraire, semble beaucoup plus impliquée. Si elle ne peut être possédée par ces esprits, elle a pourtant le pouvoir de les voir et donc d’observer les conséquences plus ou moins néfastes sur les humains de son entourage. Toujours prête à les aider, elle doit néanmoins apprendre à ne pas toujours intervenir.
Le grand-père des deux filles est lui-même exorciste. Réputé pour ses dons, les gens font régulièrement appel à lui dans les cas extrêmes de possession. Homme sage et réfléchi ,il va aider ses petites filles à accepter leurs dons et surtout à apprendre à vivre en harmonie avec ces étranges créatures.

A travers le quotidien de Mizuki et Shizuru, le lecteur va découvrir tout cet univers invisible d’esprits tantôt neutre, tantôt malfaisant ou parfois même bienfaisant. Chaque chapitre propose une nouvelle rencontre des deux sœurs avec un yôkai différent dont elles vont devoir apprendre à gérer la présence. L’ambiance est plutôt bucolique et fait bien évidement penser à l’univers de Miyazaki. La vie semble douce, on vénère les ancêtres, on craint les esprits sans les voir et on multiplie les temples au cœur d’une nature encore relativement préservée. Bref, c’est dans une ambiance très traditionnelle que les personnages de cette histoire évoluent. Bien qu’ils soient invisibles, les yôkai font partie de ce monde et y interfèrent en fonction des humeurs, des faiblesses des humains dont ils profitent ou se nourrissent. Sans être forcément néfastes, ce sont des créatures avec qui il faut apprendre à vivre en harmonie et à ne pas fâcher sous peine de conséquences plus graves.
Au fil des chapitres, nous voyons évoluer et grandir les deux sœurs. Chaque rencontre avec un yôkai est prétexte à une leçon de vie. Elles apprennent aussi à ne pas être dépendantes de leur grand-père qui, sous des dehors rigides, souhaite qu’elles acquièrent elles-même la force de résister aux yôkai, de ne pas se laisser posséder ou de ne pas vouloir intervenir à chaque fois. Les explications de ce dernier sont très éclairantes et le lecteur apprendra de nombreux détails quant à ces créatures typiquement japonaises.

Entre les aventures de deux sœurs confrontées quotidiennement à un fantastique qu’elle doivent garder secret et le parcours d’initiation qui en découle, Mokke est une série plus que séduisante ! Les trois personnages principaux sont extrêmement attachants et l’alternance des points de vue suffit à oublier pour l’instant le manque de personnages secondaires d’importance. L’univers fabuleux des yôkai est particulièrement mis en valeur. Sans en peindre un tableau effrayant ou idyllique, l’auteur réussit à rendre réalistes et vivants ces créatures aussi variées que possible qui prennent corps sous nos yeux.

En bref, un titre particulièrement intéressant à suivre !

 

A noter :
La série est terminée au Japon et comporte 9 volumes.

Liens :
- Preview

 

 

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Titre : Mokke, tome 1
Auteur  : Takatoshi KUMAKURA
Éditeur : Pika
Parution : Mars 2013

192 pages
Prix : 6,95€

 

 


14 comments for “Mokke, tome 1 – Takatoshi KUMAKURA

  1. 29 avril 2013 at 9 h 06 min

    Intéressée mais ce qui me gêne toujours avec le manga, c’est la série. J’avais noté il y a longtemps une autre série sur les yokaï ( il me semble d’ailleurs qu’elle porte ce titre là )

    • 29 avril 2013 at 5 h 37 min

      Ben oui mais c’est un peu le principe ! 9 tomes, ici, c’est pas la mer à boire ^^

      Pour l’autre série, tu penses au pacte des yôkai peut-être ?

  2. 29 avril 2013 at 3 h 15 min

    Je suis comme Marilyne, ça pourrait me plaire si ça ne titre pas trop en longueur…

    • 29 avril 2013 at 5 h 38 min

      Je vous dirais ça dans les mois à venir !

  3. :)
    29 avril 2013 at 6 h 33 min

    Voilà une excellente idée pour une jeune lectrice de ma connaissance (et je pourrai le lui emprunter sans doute ;) ))

    • 2 mai 2013 at 0 h 17 min

      Quel age a donc cette jeune lectrice dont tu me parles souvent ? :)

  4. 30 avril 2013 at 8 h 08 min

    Oui,  » le pacte des yôkai « , t’en penses quoi ^^

  5. 2 mai 2013 at 4 h 20 min

    C’est amusant le clin d’oeil à Shigeru Mizuki avec le nom de l’une des filles.

    Les mangas sur les yôkai sont quand même assez courants. C’est normal, on est dans le folklore japonais. Ce titre-là me semble assez intéressant.

    Sinon, à part Le pacte des yôkai, il y a aussi NonNonBâ, pour ceux qui ne l’ont pas lu et qui ont peur des séries. Ce one-shot du maître du genre reste une excellente histoire, alternant entre la réalité et la fiction.

    • 2 mai 2013 at 0 h 29 min

      Pas sure que ce soit fait exprès le prénom…

      J’aime bien cette culture du yokai et autres créatures folklorique chez les japonais. Ils font vraiment partie du quotidien.

      Non non ba, c’est le must oui ! On peut d’ailleurs citer les autres Mizuki : Kitaro le repoussant, mon copain le kappa.

  6. 21 avril 2016 at 18 h 11 min

    Jolie chronique qui me donne envie de relire ce manga (dont je n’ai que le tome 1 T_T).
    Moi j’ai un peu de mal avec les manga de Mizuki, je n’ai jamais réussi à aller au bout de Mon copain le Kappa. Je préfère le manga plus récent tel que Le pacte des yôkai ou Mokke.
    Au passage, je cite ton article dans ma chronique de demain qui, je pense, devrait t’intéresser, et que tu pourra sans doute enrichir :)

    • 5 juin 2016 at 19 h 18 min

      Voilà que tu me redonnes envie de reprendre ce manga que je n’ai pas continué, par un concours de circonstance (le manque de temps surement !).
      Perso, je suis assez fan de l’univers de Mizuki :)

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