Dans l’abîme du temps – Lovecraft / Culbard

dans l'abime du temps 01Nathaniel Wingate Peaslee était un professeur de renom qui enseigne à Harvard. Il avait une vie parfaitement réussie, une femme, un enfant, une position sociale enviée. Jusqu’à ce jour de Mai 1908 où une crise le laisse évanoui en pleine classe. Lorsqu’il se réveille, 5 ans ont passés. Son épouse l’a quitté, incapable de gérer le nouvel état de son mari, son poste d’enseignant a été réattribué et seul un médecin fidèle est resté à ses côtés. C’est que notre homme n’est pas tombé dans un coma paralysant mais son corps a continué sa vie, courant le monde, avide de nouvelles connaissances, tout en paraissant un autre. Où était donc son esprit durant ces cinq années ? Nathaniel nous raconte son expérience.

Depuis son réveil, Nathaniel est la proie de nombreux cauchemars. Ces derniers semblent intégrer quelques souvenirs insaisissables de sa période d’absence et le pousse à enquêter. Cherchant des explications rationnelles, le professeur va pourtant découvrir une vérité qui le dépasse, lui et la race humaine. Une vérité qui le conduira au delà du temps et de l’espace. Folie ? Schizophrénie ? Les faits se révèleront autrement plus étranges, liant le destin des humains à une autre race extra-terrestre qui prendrait possession de leurs corps. Avec l’aide de son fils Wingate revenu à ses côtés, Nathaniel entreprend dès lors de faire la lumière sur ce qu’il a vécu et tente même de communiquer dessus. Quelques articles parus dans des revues spécialisées, des intéressés qui se manifestent, une expédition dans le désert qui se monte. La folie guette devant une réalité trop lourde à porter.

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Auteur de nombreuses adaptations littéraires en bande dessinée, Culbard s’est penché une nouvelle fois sur un texte de Lovecraft. Après L’affaire Charles Dexter Ward, c’est Dans l’abîme du temps que le lecteur peut découvrir.
Autant l’avouer clairement, je n’ai jamais lu Lovecraft. C’est donc sans aucune connaissance de l’univers de cet auteur que j’ai plongé dans cette histoire.
C’est donc un récit très déstabilisant qui s’est ouvert à moi. L’ambiance est inquiétante, flirtant avec un fantastique mythique qui semble ouvrir sur des mondes parallèles qui nous dépassent. Il est question d’une « grande race » à l’intelligence supérieure pour qui les humains sont de pratiques cobayes leur permettant d’assouvir leur soif de connaissances. Nous ne sommes pas dans un récit de science-fiction pur qui paradoxalement serait plus facile à pénétrer. Nous sommes dans un entre-deux un peu cosmique, un temps qui défie le temps : passé, présent et futur se mélangeant dans la narration et dans l’esprit de Nathaniel.
Pour autant, le texte reste très classique, élégant. La narration du héros se fait presque précieuse. Elle possède un je ne sais quoi de suranné qui ressort également dans l’histoire.
Une veine classique qui ressort également dans le dessin de Culbard. Faisant contrepoint à la fantaisie (folie ?) du récit, la ligne se fait claire et les couleurs nettes et contrastées s’étalant dans de larges aplats. Les personnages ressortent aisément d’un décor plus torturé où les hachures sont légion.

Hélas, cette première expérience lovecraftienne est loin de m’avoir convaincue. Je suis restée complètement extérieure à cette fiction quelque peu abracadabrantesque aussi froide que le vide cosmique auquel elle se réfère. La manière dont l’aspect extra-terrestre s’insère dans le récit, la narration aussi trépidante qu’une balade à pied avec mamie, les visions cosmiques qui m’ont perdues, la conclusion incompréhensible et j’en passe… ont fait que je me suis totalement désintéressée du sort de Nathaniel et accessoirement du livre.
Je ne saurais dire si l’adaptation est mauvaise ou si l’univers de Lovecraft m’est totalement hermétique (chose qui paraît autrement plus certaine que la première proposition, ignorant tout du mythe de Cthulhu, il me manque sans aucun doute des éléments de compréhension), aussi je ne m’avancerai pas à trop juger du travail de Culbard sur ce texte que, voilà qui est certain, je ne m’aventurerais jamais à lire…

A vous de voir si vous êtes tentés cette expérience ! :)

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Champi mitigé – Mo’ plus enthousiaste -

 

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Titre : Dans l’abîme du temps
Auteur : Ian I.N.J. CULBARD
d’après Lovecraft
Éditeur : Akiléos
Parution : Septembre 2013
128 pages
Prix : 15€

12 comments for “Dans l’abîme du temps – Lovecraft / Culbard

  1. 14 septembre 2013 at 11 h 19 min

    Je n’ai jamais réussi à pénétrer dans l’univers de Lovecraft, bien que mon fils en soit fan alors cet album, je ne crois pas qu’il soit pour moi.

    • 16 septembre 2013 at 20 h 41 min

      Oui, je te dirais de passer allégrement ton chemin !

  2. 14 septembre 2013 at 13 h 00 min

    Déjà que je ne suis pas du tout familier de l’univers de Lovecraft, si en plus tu es passée à coté, j’oublie ce titre sans aucun regret.

    • 16 septembre 2013 at 20 h 43 min

      Pour cette rentrée, y’a pleins d’albums plus important à retenir ! : Tyler Cross, Paco les mains rouges, Une histoire d’hommes, Skandalon, … tous lus et approuvés ! Avec des chroniques bientôt, j’espère…

  3. 14 septembre 2013 at 18 h 22 min

    Étant, très très fan de Lovecraft et de l’univers qu’il a déployé dans ses récits, je m’abstiens, d’autant que le graphisme me laisse totalement froide.

    • 16 septembre 2013 at 20 h 45 min

      Ma chère, il faudra que tu m’expliques cet univers alors ! :)

  4. 16 septembre 2013 at 22 h 59 min

    Moi j’adore Le mythe de Cthulhu (déjà, faut aimer pour pouvoir l’orthographier correctement) et j’ai lu quelques nouvelles de Lovecraft. Tu décris bien le style, je pense que l’adaptation est fidèle, on le ressent dans les textes. Si j’ai trouvé qu’il manquait de folie c’est surtout parce que les trames de Lovecraft sont un peu toujours les mêmes et que la surprise ne s’immisce plus autant après en avoir lues plusieurs.
    Pour autant, j’ai pas détesté :)

    Par contre je pense que tu n’aimeras pas les autres nouvelles non plus, ce n’est pas une affaire d’adaptation pour le coup, mais plutôt de style.

    • 18 septembre 2013 at 21 h 16 min

      Plus qu’à jeter la pierre à Culbard, je crois que Lovecraft et moi ne sommes pas fait pour nous entendre ! Je te crois sans effort quand tu dis que je n’aimerais pas les textes originaux. L’univers ne me parle pas du tout. Je n’ai pas l’âme d’une roliste ! ;) Je préfère de la bonne vieille SF classique :) Au moins, j’aurais testé.

      • 18 septembre 2013 at 23 h 23 min

        Oh mais tu sais, les scénario de Cthulhu en jeu de rôle sont autrement plus torturés que les nouvelles de Lovecraft. L’écrivain a amené le mythe, avec l’écriture classique qu’on lui connaît. D’autres l’ont complété. Et le jeu de rôle lui a redonné un peu de mordant des décennies plus tard, une vision plus contemporaine en somme.

        Le truc c’est que Lovecraft ce n’est pas vraiment de la SF, c’est plutôt une cosmogonie ésotérique sombre qui tend à faire des hommes des pions minuscules sur l’échiquier du temps. C’est résolument génial, mais… il faut aimer l’écriture (qui a aussi ses travers puisque selon moi, on retrouve toujours un rythme sensiblement identique d’une histoire à une autre, ce qui amoindri les effets de surprise).

        Bref, j’ai bien compris que tu n’avais pas tout compris et que tu n’avais pas non plus essayé de voir plus loin, en somme que tu n’étais pas entré dans la lecture ^^ C’est pour ça que je te dis que Lovecraft, c’est pas fait pour toi :)

        • 23 septembre 2013 at 19 h 55 min

          Plus torturé ?! Et bien, qu’est ce que ça doit être !
          En tout cas, merci pour ton éclairage ! Tu confirmes que cet auteur n’est pas pour moi et voilà l’essentiel !:)

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