Musashi – Sean Michael Wilson/Michiru Morikawa

musashi-01Miyamoto Musashi est certainement un des samouraï des plus célèbres du Japon. On retrouve d’ailleurs ce sabreur exceptionnel dans de nombreuses œuvres. La série manga Vagabond, de Takehiko Inoué s’inspire librement de ce dernier tout comme le romancier Eiji Yoshikawa dans ses romans La pierre et le sabre, et La parfaite lumière. Thomas Day le met en scène dans son roman fantastique La voie du sabre. On ne compte pas les nombreux films qui reviennent sur ses exploits, notamment la série de 6 films de Tomi Uchida. Et il y en a d’autres.
Ce samouraï légendaire, resté invaincu, est connu pour avoir développé un art du sabre particulier. Il est à l’origine d’un kenjutsu révolutionnaire appelé Niten-Ichi-Ryu ou “l’école des deux cieux”, qui utilise simultanément deux sabres, l’un long, le katana, et l’autre court, le wakizashi. Il est d’ailleurs l’auteur d’un célèbre traité, le Gorin no sho, appelé aussi le Traité des cinq roues ou Livre des cinq anneaux, encore amplement étudié aujourd’hui.

C’est la vie de cet homme que nous invite à découvrir ce nouveau manga. Nouveau car il existe déjà une vie de Musashi chez Kana, signé par le célèbre Shotaro Ishinomori (Kamen Rider, Cyborg 009, San Ku Kaï). Pour autant, je ne l’ai pas lu et n’ai pas été parasité par une quelconque comparaison.
L’histoire débute avec le fils adoptif du célèbre Musashi, Miyamoto Iori. Venu se recueillir devant un monument à la gloire de son père, il échange avec le sculpteur, curieux de connaître où est la frontière entre le mythe et la réalité. Miyamoto se prête alors de bonne grâce au récit de la vie de son père. Le procédé semble classique mais se révèle tout à fait efficace. A la fois au plus proche des faits tout en conservant une certaine distance, le jeune homme évoque la jeunesse de Musashi, ses premières victoires, ses hauts faits d’armes. Le contexte historique est expliqué et permet de saisir les enjeux en œuvre dans certains combats. On découvre que Musashi a aussi été un esthète des arts : peintre, calligraphe, philosophe, créateur de jardins. Il ne fut pas uniquement ce grand guerrier et il est intéressant une autre facette moins médiatisé de l’homme.
Le parcours atypique de cet homme s’encombre parfois de zones d’ombre et de différentes versions. Miyamoto n’hésite alors pas à affirmer qu’il ne sait pas. De fait, l’auteur propose ici un ouvrage qui se veut précis et s’appuie sur de nombreuses sources historiques. Lorsque ces dernières ne permettent pas d’affirmer de manière certaine un fait historique, il laisse une part d’incertitude habilement mis en scène par le narrateur qui ne nuit pas à l’histoire mais accentue le côté mystérieux du sabreur.

Signé par Sean Michael Wilson, scénariste qui vit au Japon et se fait fort d’une excellente culture historique du pays, et par une dessinatrice japonaise, Michiru Morikawa, cette version graphique de la vie de Musashi se révèle très convaincante. Bien que resserré sur un tome unique, on ne ressent pourtant pas de lacunes à la lecture. L’ensemble est très fluide et permet de découvrir les grandes lignes d’un destin hors-norme. Si j’ai quelques réserves sur la partie graphique (des problèmes de proportion dans certains visages), j’ai été plutôt agréablement surprise par ce manga que j’ai abordé avec quelques a-priori, je dois l’avouer. Au final, les éditions Budo (spécialisé en ouvrages d’arts martiaux) prouve que leur connaissance de cet univers n’entre pas en contradiction avec l’édition de manga.
5ème titre de leur collection, Musashi est une excellente première approche de ce célèbre guerrier. Libre à vous de poursuivre votre découverte avec des ouvrages plus pointus !

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Titre : Musashi
Scénariste : Sean Michael Wilson
Dessinatrice : Michiru MORIKAWA
Éditeur : Budo éditions
Parution : Août 2015
176 pages
Prix : 12,95€

4 comments for “Musashi – Sean Michael Wilson/Michiru Morikawa

  1. purplevelvet
    11 septembre 2015 at 20 h 06 min

    intéressant, La pierre est le sabre est probablement le roman japonais que j’ai préféré, je n’ai lu que les 2 premiers tomes de Vagabond ( j’attendais de savoir si la très jolie édition deluxe allait se poursuivre sur les tomes suivants et.. non :( ). a priori le graphisme m’inspire moins que celui d’Inoue. Inoue ombre beaucoup ses dessins à la main, ce qui cadre bien au style réaliste, là.. il y a un abus de trames qui ne me dérangent pas dans un style autre, mais me gênent beaucoup pour du réaliste. C’est particulièrement visible pour l’arbreà pointillés. Oui je suis… pointilleuse :D

    • 12 septembre 2015 at 11 h 07 min

      Vagabond : un titre culte pour moi ! Je ne peux même pas le comparer à Musashi, on ne joue pas dans la même catégorie !
      Je n’avais pas relevé l’arbre à pointillés mais maintenant que tu le dis, je ne vois que ça ! ^^

  2. jerome
    16 septembre 2015 at 11 h 14 min

    Je viens de l offrir à une amie , elle a été très surprise et particulièrement heureuse .
    Merci mille fois pour tous ses conseils et pour les sourires que je vois autour de moi avec les livres que je fais découvrir ou que j offre . Merci

    • 7 novembre 2015 at 14 h 24 min

      Et mille fois merci à vous pour me faire si bien confiance. J’en suis fort touché à chaque fois, de voir que vos cadeaux touchent leurs cibles !

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