Semaine coréenne : La mal-aimée – Kim Dong-hwa

semaine coréenne 01

-

mal_aimee 01

-

Kim Dong-Hwa est l’auteur de l’amour, de la féminité, de l’éveil à la sensualité. Ce recueil de 11 histoires ne fait pas exception et reprend les thèmes fétiches de son auteur. On retrouve ici la Corée d’autrefois, au cœur d’un monde rural et encore très traditionnel, ancré dans une morale confucianiste où les femmes sont empreintes d’une certaine pudeur et naïveté.
Les femmes sont d’ailleurs au centre de chacune de ces histoires où leur beauté, leur sensibilité sont célébrés. Jeunes ou âgées, célibataires, mariées ou veuves, les récits font la part belle aux relations amoureuses toujours poétiques, souvent romanesques et parfois mélancoliques.

Nous pouvons suivre un petit garçon qui, trompé par les explications des plus grands, s’imagine être bientôt papa de la belle Dallye qui l’a serré contre lui sous un pont un jour de pluie. Son innocence et sa préparation à l’arrivée de l’enfant fait sourire tandis que son cœur se tourmente.
PLus loin, c’est un herboriste veuf et son fils qui parcoure la campagne et font halte tous les ans dans une auberge tenue par une femme et sa fille. On découvre avec subtilité comment chacun des 2 hommes tombent sous le charme de la femme de leur âge.
On y croise une jeune fille libre comme les graines de pissenlit qui fera de son indépendance une force.
C’est aussi l’amour tragique d’une jeune fille et de son marin amoureux de l’odeur de camélia de cette dernière qui, même après son naufrage en mer, lui ramènera sa belle.
Les fleurs toujours, comme les roses sauvages ramassées par un jeune garçon pour conquérir l’élue de son cœur, sans que les paroles soient utiles.

Tendres, subtiles, les histoires de Kim Dong-hwa nous parlent d’amour. Un amour authentique et simple qui, à l’image de la nature, s’épanouit naturellement dans le cœur des hommes et des femmes. Un amour parfois sensuel qui évoque les premiers émois, l’éveil à une sexualité mise en scène avec poésie et douceur. Un amour qui peut aussi être corseté dans des traditions d’un autre temps.
La nature s’offre d’ailleurs une belle place ici avec notamment l’omniprésence des fleurs : balsamines, iris, roses sauvages, pissenlits, azalées, … Les fleurs condensent en elle la beauté, la puissance enivrante des odeurs associée symboliquement à la femme qui éveille tous les sens.

La simplicité et l’élégance du trait de l’auteur magnifie ses instants dédiés aux sentiments et aux émotions. Les personnages sont souvent travaillés de façon légère et presque stylisée tandis que les paysages et la nature sont rendus avec un maximum de détails. Les arrières-plans sont parfois de vrais tableaux et en disent beaucoup sur cette Corée rurale et séculaire.

Ode à la Nature, à la femme, à l’amour, La mal-aimée est un petit bijou de poésie à ne pas manquer.

« - Ici nous serons à l’abri des regards indiscrets.
– Tu oublies la lune.
– Je pense que nous pouvons compter sur sa discrétion.
– Mais elle nous verra quand même.
– Plus maintenant. Elle a eu la délicatesse de se coucher derrière les nuages pour nous laisser en tête à tête.
– Oui…en effet. Il n’empêche que je n’oserai plus jamais regarder la lune en face. »

mal_aimee 05

mal_aimee 02

mal_aimee 03

mal_aimee 04

-

Titre : La mal-aimée
Auteur : KIM Dong-hwa
Éditeur : Casterman, Ecritures
Parution : Octobre 2008
376 pages
Prix : 17€

-

Du même auteur : La bicyclette rouge ; Histoire couleur terre ; Histoires de kisaeng ; Les nourritures de l’âme ; Nuits de noces.

3 comments for “Semaine coréenne : La mal-aimée – Kim Dong-hwa

  1. 20 mars 2016 at 11 h 16 min

    J’ai lu ce manhwa il y a très longtemps. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé mais dans mon souvenir il se confond avec Histoire couleur terre qui reprends la même thématique.
    J’aime beaucoup cet auteur, il y a toujours beaucoup de poésie dans ces manhwa

    • 21 mars 2016 at 22 h 53 min

      J’ai lu aussi Histoire couleur terre mais c’était il y a bien longtemps ! J’en garde un souvenir assez fort et du coup, j’avais un peu peur d’être déçue avec celui-ci.
      Et bien, ça n’a pas du tout été le cas ! :)

  2. Isa
    12 octobre 2016 at 15 h 14 min

    Oh! Très bel article! Ravie de cette jolie découverte! J’adore cette collection de Casterman, je me dépêche donc de me procurer cet album… xx

Répondre à Isa Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *